Le Parti libéral du Québec a déposé une plainte au Conseil de presse du Québec contre l'ex-journaliste de Radio-Canada, Pierre Duchesne, qui est candidat à l'investiture du Parti québécois dans Borduas, en vue des prochaines élections.

Mis à jour le 6 juill. 2012
Alexandre Paillé et Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

> La lettre de plainte du Parti libéral du Québec (PDF)

Le PLQ affirme que l'ex-journaliste a contrevenu aux règles de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. «Nous avons toutes les raisons de croire que le Guide de déontologie des journalistes du Québec et les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada ont été enfreints et que monsieur Duchesne s'est retrouvé dans une situation de conflit d'intérêts grave».

Le parti de Jean Charest estime que Pierre Duchesne «aurait exercé ses fonctions de journaliste et d'analyste alors qu'il était en discussion avec le Parti Québécois dans le but d'être candidat lors de la prochaine élection générale».

«L'idée qu'une figure importante de l'information ait été en onde à critiquer les partis politiques alors qu'elle avait elle-même la volonté d'en découdre comme candidat lors d'une élection est extrêmement troublante et soulève des doutes sur son éthique et son impartialité», affirme le PLQ dans sa lettre au Conseil de presse.

Duchesne défend son intégrité

En point de presse à Mont-Saint-Hilaire pour l'annonce officielle de sa candidature à l'investiture péquiste dans Borduas, l'ex-journaliste a sorti ses griffes pour défendre sa réputation.

«Qui me fait des leçons d'éthique ici?»,  s'est-il interrogé à haute voix, en parlant de la plainte déposée devant le conseil de presse.

«Monsieur Jean Charest a dit qu'il fallait être à visage découvert. Moi, je n'ai jamais eu de salaire caché pendant dix ans», a-t-il attaqué. «Moi je n'ai pas eu de rencontres avec des collecteurs de fonds qui ont été arrêtés par la police par la suite.»

Par ailleurs, Pierre Duchesne a expliqué qu'il avait toujours eu la foi souverainiste.

«J'ai une passion emmaillée au coeur qui est celle du Québec», a-t-il déclaré ce matin, dans son comté. «Ce qu'il faut pour le Québec c'est un pays.»

Décision récente?

Le nouveau politicien a juré qu'il n'avait pas discuté une éventuelle candidature avant son départ de Radio-Canada. Selon les informations de La Presse, la circonscription de Borduas est pourtant réservée à un «journaliste de Radio-Canada» depuis plusieurs semaines.

Invité à commenter les affirmations de Pauline Marois, selon lesquelles il avait été ciblé à cause de sa biographie de Jacques Parizeau, il a reconnu qu'il ne pouvait expliquer cette décision.

«Moi je sais pas si ça a été réservé pendant trois mois», a-t-il affirmé.

«Je sais cependant que tous les partis politiques réservent des comtés surs pour candidatures de prestige.»