Le départ de Sylvain Simard de la vie politique n'a aucun lien avec son refus de porter le carré rouge, ont juré aujourd'hui le député péquiste et sa chef.

Mis à jour le 28 juin 2012
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Depuis hier, la nature de l'annonce prévue ce matin par M. Simard et Pauline Marois ne faisait aucun doute. À 68 ans, le député de Richelieu dit vouloir retrouver sa liberté et sa famille.

Pendant toute la durée du conflit étudiant, le politicien a refusé d'arborer le carré rouge, alors que le reste du caucus le portait. Mais cette dissension n'a pas de lien avec son départ, a-t-il plaidé ce matin.

«J'ai pris une décision avec le respect total de ma chef, avec aussi l'amitié de mes camarades du caucus, il n'y a jamais eu de tension là-dessus», a-t-il affirmé.

«Marquer un peu parfois sa différence, sans remettre en question les orientations de son parti, ça me semble tout à fait sain.»

Il a toutefois admis qu'il pouvait être étonnant de voir une tête d'affiche du Parti québécois quitter le navire à l'aube d'une campagne électorale, après presque 10 ans dans l'opposition et alors que les sondages sont loin d'être défavorables.

Sylvain Simard soutient qu'il n'a jamais eu de plan de carrière et qu'il ne voulait pas s'engager pour 4 ou 5 années supplémentaires.

«Je suis dans la logique d'un homme qui, après trente ans de vie politique active, dont quinze ans comme député, décide de retrouver sa liberté, décide de retrouver sa famille, de retrouver d'autres projets», a-t-il expliqué. M. Simard a toutefois laissé entendre qu'il voudrait faire partie d'un éventuel comité de transition pour organiser l'arrivée du Parti québécois au pouvoir.

Casseroles: pas de regrets pour Marois

Malgré l'utilisation de ces images par le Parti libéral du Québec, Mme Marois a dit ne pas regretter d'avoir participé à une manifestation de casseroles dans la circonscription d'Argenteuil, il y a trois semaines.

La chef péquiste admet toutefois qu'elle n'aurait pas effectué cette sortie de sa propre initiative.

«Ça s'est fait dans un moment très festif», a-t-elle affirmé. «Je n'aurais pas pris l'initiative d'aller battre la casserole, mais cette initiative a été prise par les gens du comté et j'étais très heureuse d'être à leurs côtés et d'échanger avec eux sur la vision qu'ils avaient du Québec.»

Du même souffle, elle a invité à la blague le premier ministre Charest à se rendre lui-même dans la rue pour entendre directement les frustrations des protestataires.