La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, ne se rétracte pas. Elle associe encore le carré rouge ainsi que le conteur Fred Pellerin à la violence.

Paul Journet LA PRESSE CANADIENNE

La semaine dernière, M. Pellerin a refusé d'être nommé chevalier de l'Ordre national du Québec. Il ne voulait pas recevoir cette distinction alors qu'une crise secouait selon lui la démocratie québécoise. Le conteur porte le carré rouge et soutient les étudiants en grève.

«Nous, on sait ce que ça veut dire, le carré rouge. Ça veut dire l'intimidation, la violence. Ça veut dire aussi le fait qu'on empêche des gens d'aller étudier», avait alors réagi Mme St-Pierre.

Le patron du Service de police de la ville de Montréal, Marc Parent, a quant à lui refusé d'associer carré rouge et violence. «Même le chef de police de la ville de Montréal a dû se dissocier de la ministre de la Culture. De la Culture, imaginez-vous!», s'est indigné le leader parlementaire du PQ, Stéphane Bédard.

Le PQ accuse la ministre d'avoir voulu «brimer la liberté d'expression» des artistes. Son député Maka Kotto l'a sommée de s'excuser. Elle a refusé.

«Nous croyons tous à la liberté d'expression dans une société libre et démocratique, ce sont des valeurs que tous les Québécois partagent», a-t-elle répété.

«Nous avons tous vu qu'il y a eu des manifestations d'étudiants qui, parfois, ont conduit à des scènes tout à fait disgracieuses, des scènes d'intimidation, des scènes dont les médias ont été témoins et des images qui ont été rapportées sur tous les écrans de télévision. Ces façons de faire sont inadmissibles, et c'est ce que j'ai voulu exprimer lorsque j'ai parlé du carré rouge», a-t-elle expliqué.

Elle a poursuivi: «dans une société libre et démocratique, nous devons nous dissocier du vandalisme, nous devons nous dissocier de la violence, nous devons nous dissocier des scènes que nous avons vues dans le métro de Montréal, nous devons appuyer nos travailleurs qui veulent entrer paisiblement au travail le matin. La société québécoise partage des valeurs fondamentales, des valeurs de société libre et démocratique, des valeurs de paix sociale. Et nous avons le devoir de nous dissocier, tous les Québécois ont le devoir de se dissocier de ces actes dont nous avons été témoins.»