Le parti Québec solidaire appelle les Québécois à se mobiliser «le plus largement possible» contre la loi spéciale adoptée vendredi dernier. Françoise David et Amir Khadir, les porte-parole du parti, sans encourager les gestes désobéissance civile, ne les condamneront pas.

Anabelle Nicoud LA PRESSE

«Le fait de ne pas encourager la désobéissance civile ne veut pas dire que nous disons à la population de baisser les bras. Nous appelons toute la population à appuyer les étudiants de toutes les manières légales et légitimes», dit Amir Khadir.

Selon Québec solidaire, la loi spéciale viole les dispositions de la Charte des droits et libertés de la personne et la liberté d'association.

«On parle beaucoup des itinéraires de manifestations, mais le premier effet de la loi, c'est de brimer la liberté des associations étudiantes», déplore Françoise David.

Québec solidaire insiste toutefois sur la dimension pacifique de son message.

«Depuis le début du conflit, nous avons toujours dénoncé les agissements violents. Les casseurs, les bris de vitres, les incendies, on a toujours dit non. Maintenant, il y a des formes de désobéissance civique que nous ne condamnerons pas», poursuit Mme David.

Françoise David et Amir Khadir participeront à la manifestation de cet après-midi, à Montréal. Certains organisateurs ont accepté d'en fournir l'itinéraire aux autorités, comme le veut la loi spéciale, et d'autres, comme la CLASSE, refusent de le faire. Chose certaine, Québec solidaire ne traitera pas les amis de la CLASSE en «lépreux ou en criminels».

Tous deux exhortent Jean Charest à reprendre les négociations. En attendant, la mobilisation doit se poursuivre.

«Tant qu'on ne s'est pas battus jusqu'à minuit... Il n'est pas question d'abandonner cette bataille», a dit Françoise David.