La démission de Line Beauchamp a surpris les citoyens Montréal-Nord, dans la circonscription de Bourassa-Sauvé. Malgré tout, très peu d'entre eux se sont dits déçus de perdre leur députée.

Émilie Bilodeau LA PRESSE

Dans un restaurant près du bureau de circonscription Line Beauchamp, André Lavigne avoue qu'il a voté pour elle aux dernières élections. Il a tout de même applaudi en entendant son élue annoncer qu'elle quittait la vie politique. «Le conflit ne se serait jamais réglé avec elle. Là, ça va aller beaucoup plus vite.»

Avec le recul, M. Lavigne se demande pourquoi il a voté pour la candidate libérale. «Qu'est-ce qu'elle a fait pour nous en quatre ans? Pas grand-chose», affirme-t-il.

Nancy Gamiré, aussi de Montréal-Nord, dit qu'elle connaissait peu Line Beauchamp avant qu'elle n'annonce la hausse des droits de scolarité. «Je suis très contente de sa démission, mais elle n'est pas seule responsable. Le gouvernement au complet dépense de l'argent un peu partout et ne pense pas aux jeunes qui veulent étudier.»

Fanny Martin croit également que le départ de Line Beauchamp ne sera pas suffisant pour dénouer la crise. «C'est parfait comme décision parce qu'ils n'arrivaient plus à discuter. Cependant, tant que Charest va rester, ça ne fonctionnera pas», a-t-elle déclaré.

Abner Rigaud s'est aussi réjoui du départ de Line Beauchamp. Il croit cependant que cette annonce est une stratégie du gouvernement. «Jean Charest est un homme calculateur. Je ne suis pas si sûr que Mme Beauchamp aitr démissionné de son plein gré. Maintenant, le gouvernement va pouvoir repartir à zéro dans les négociations et il va encore tenter de passer sous silence certaines revendications.»

Attablés dans un restaurant, Pierre Leblanc et Carol Barrett, eux, étaient déçus de perdre leur députée qui occupait un poste «important» au cabinet libéral.  «En conférence de presse, elle semblait dire que les étudiants n'étaient aucunement ouverts à des concessions. J'espère que sa remplaçante va leur serrer la vis», a dit M. Leblanc.