François Legault a pris trois engagements bien peu contraignants pour que l'Action démocratique du Québec (ADQ) accepte de se fusionner avec sa Coalition avenir Québec (CAQ).

Mis à jour le 13 déc. 2011
Tommy Chouinard LA PRESSE

En conférence de presse mardi, le cofondateur de la CAQ et le chef adéquiste, Gérard Deltell, ont présenté leur union comme un «événement qui va marquer l'histoire du Québec». La fusion sera soumise à l'approbation des membres de l'ADQ par la voie d'un vote postal en janvier.

M. Deltell, qui deviendra chef parlementaire de la CAQ, a donné des précisions sur le contenu de l'entente de principe qui a été entérinée par les membres de l'exécutif de l'ADQ lundi soir. «Nos idées continuent de vivre», a-t-il fait valoir.

Il s'est réjoui que M. Legault se soit engagé à «évaluer sérieusement la possibilité» de donner 100$ par semaine pour chaque enfant qui ne fréquente pas les garderies subventionnées.

Or, M. Legault a indiqué que c'est «difficile actuellement de trouver les 500-600 millions de dollars» nécessaires pour concrétiser cette mesure adéquiste.

François Legault a accepté de lancer un projet-pilote pour permettre aux médecins de pratiquer dans le réseau public comme dans le privé, une idée défendue depuis longtemps par l'ADQ. Il a souligné que ce projet-pilote sera bien encadré pour ne pas nuire à l'accessibilité des soins dans le réseau public. L'expérience servira à déterminer s'il est pertinent d'étendre la mixité public-privé de la pratique médiale, a-t-il ajouté. Il a précisé que sa «priorité» reste «d'améliorer le réseau public».

Sur le front constitutionnel, la CAQ «épouse la position de l'autonomisme» défendue par l'ADQ, s'est félicité Gérard Deltell. Pour François Legault, cette étiquette «autonomiste» est synonyme de «nationaliste». Il entend faire «une série de demandes» à Ottawa, mais il n'est pas question de rouvrir la constitution.

Sur les 20 mesures du plan d'action de la CAQ dévoilé le 14 novembre, une douzaine font partie du programme adéquiste, a souligné M. Deltell. Il a donné l'exemple de l'abolition des commissions scolaires. Les autres mesures défendues par la CAQ «reflètent» la philosophie adéquiste selon lui.

M. Legault a indiqué que dans la préparation du programme de la CAQ, «c'est certain qu'on va utiliser le programme de l'ADQ».

Avec cette fusion, M. Legault estime qu'il gagne une «équipe compétente» et démontre que sa coalition se veut rassembleuse. Le président de l'ADQ, l'ex-député Christian Lévesque, et les députés Sylvie Roy, Janvier Grondin et François Bonnardel ont pris part à la conférence de presse. M. Bonnardel obtient un poste à l'exécutif de la CAQ. Un autre adéquiste accédera au bureau de direction de la coalition qui comptera huit membres.

François Legault ne s'est pas engagé à réserver des circonscriptions à des adéquistes qui souhaitent se présenter aux prochaines élections générales. Leur candidature sera évaluée comme toutes les autres. M. Legault a déjà reçu 800 CV de personnes intéressées à se présenter sous la bannière de la CAQ. Il entend annoncer des candidatures au début de 2012.

La fusion permet de conserver l'allocation annuelle de 780 000$ que l'ADQ reçoit du DGE. La CAQ se retrouve toutefois avec la dette du parti de 700 000$, qui sera épongée au fil des ans.

Gérard Deltell a précisé qu'il revendiquera au nom de la CAQ le statut de groupe parlementaire à l'Assemblée nationale, un statut que détient l'ADQ et qui lui permet de toucher des budgets importants.