Jean Charest a ridiculisé mardi la campagne antinucléaire menée avec intensité ces derniers jours par Pauline Marois.

Mis à jour le 22 mars 2011
Martin Ouellet LA PRESSE CANADIENNE

La chef de l'opposition officielle milite pour la fermeture de Gentilly-2, la seule centrale nucléaire d'Hydro-Québec, située à Bécancour, près de Trois-Rivières.

Considérant le coût de réfection de la centrale, évalué à deux milliards $, le gouvernement serait mieux avisé de mettre la clé dans la porte, a fait valoir la leader souverainiste à l'Assemblée nationale.

«Est-ce que le gouvernement est prêt à économiser des centaines de millions de dollars en renonçant à la réfection de Gentilly-2 au coût faramineux de deux milliards de dollars?», a lancé Mme Marois.

En réplique, le premier ministre Charest a accusé sa vis-à-vis de vouloir accroître son capital politique sur le compte de la crise nucléaire que traverse le Japon depuis le terrible tremblement de terre survenu il y a une dizaine de jours.

«Il y a une chose qu'on ne fera pas, c'est de prendre des décisions comme ça, là, sur la base d'un titre dans le journal puis d'un seul événement», a soutenu M. Charest.

Selon le premier ministre, la chef de l'opposition sombre dans l'opportunisme politique pur et simple.

Si la catastrophe avait frappé une installation hydroélectrique japonaise, Mme Marois aurait réclamé la fermeture de la Baie-James, a ironisé M. Charest.

Le premier ministre a aussi tourné en dérision l'apparente communauté d'esprit qui unit le Parti québécois et Québec solidaire sur des questions comme les gaz de schiste et l'énergie nucléaire.

Influencé par Amir Khadir, le leader de la gauche sans compromis, le Parti québécois se radicalise, a encore une fois martelé M. Charest, employant des termes comme «khadirariser» et «rhadicadir».

Pour sa part, la chef péquiste s'est défendue de profiter de la tragédie du Japon. Elle a rappelé que sa position en faveur de la fermeture de Gentilly-2 remontait à plus d'un an.

Après avoir soupesé tous les aspects du dossier, incluant le besoin de diversification de l'économie de la région et le remplacement des 800 emplois, «nous avons estimé dès septembre 2009 qu'il serait plus sage d'abandonner le projet de reconstruction de la centrale», a relevé Mme Marois.

Plus que jamais, la question de la fermeture de Gentilly-2 se pose, a affirmé la leader du PQ, «d'autant plus que les coûts et les délais explosent» pour la réfection de la centrale jumelle de Point Lepreau, au Nouveau-Brunswick.

Pour l'heure, le gouvernement garde le cap. Dans le climat actuel d'insécurité face au nucléaire, le premier ministre a voulu se faire rassurant sur les mesures mises en place.

«La Commission canadienne de sûreté nucléaire a annoncé une inspection, en quelque sorte, des 22 centrales nucléaires qui se trouvent au Canada, incluant Gentilly. Elle a également annoncé son intention de faire une remise à niveau des protocoles de sécurité, ce avec quoi nous sommes en accord», a-t-il relaté.