Après près de cinq ans de feuilleton, l'îlot Voyageur a finalement été acheté par Québec au coût de 15 millions de dollars, a appris La Presse. La firme Busac, qui était copropriétaire de l'îlot Voyageur avec l'Université du Québec à Montréal (UQAM), a vendu sa propriété à la Société immobilière du Québec, comme le révèle le registre foncier du Québec.

Publié le 17 nov. 2010
Ariane Lacoursière LA PRESSE

Un projet d'entente pour régler l'épineux dossier de l'îlot Voyageur a été déposé, mercredi dernier, au Conseil des ministres. Les deux parties impliquées ont négocié les derniers détails et en sont finalement venues à une entente.

Quand l'UQAM s'est lancée dans la construction de l'îlot Voyageur en 2005 avec son partenaire d'affaires Busac, l'institution voulait y installer des résidences pour étudiants, des bureaux, un stationnement souterrain et des salles de classe. Le bâtiment, situé à l'intersection du boulevard De Maisonneuve et de la rue Berri, devait aussi héberger la Station centrale d'autobus.

Mauvaise gestion

Mais la mauvaise gestion du projet immobilier a fait enfler les coûts. Les déboires financiers de l'UQAM dans ce dossier ont été tels que les travaux ont été interrompus à l'îlot Voyageur en 2007. En 2008, Québec a accepté de mettre 200 millions de dollars dans une fiducie afin de permettre à l'UQAM d'absorber la dette contractée dans le cadre de ce projet. Depuis cet investissement, le gouvernement avait droit de vie ou de mort sur toute entente concernant l'îlot Voyageur.

Malgré l'investissement de Québec, le chantier de l'îlot Voyageur n'a jamais été terminé. Seul le rez-de-chaussée est actuellement occupé par la Station centrale d'autobus. Les étages supérieurs sont laissés exposés aux quatre vents depuis 2007.

Cette situation a-t-elle causé des dommages à la structure de l'îlot Voyageur? L'UQAM a toujours assuré que différentes analyses avaient prouvé que les étages supérieurs de l'îlot ne sont pas fragilisés. La Presse a demandé ces analyses, mais l'UQAM refuse à ce jour de les lui transmettre.

Sujet délicat

Au fil des ans, différentes rumeurs d'achat de l'îlot Voyageur ont circulé. La SITQ, le Fonds de solidarité FTQ et le Mouvement Desjardins ont entre autres figuré sur la liste des acheteurs potentiels. C'est finalement la Société immobilière du Québec (SIQ) qui en devient propriétaire.

Aucun des intervenants joints hier matin par La Presse n'a voulu confirmer la transaction. «Les discussions sont intenses. Il ne reste que quelques détails à régler», a indiqué la responsable des communications de l'UQAM, Francine Jacques. Busac et la SIQ n'ont pas rappelé La Presse.

Au cabinet du ministre des Finances, Raymond Bachand, on se contentait de dire que les discussions étaient «plus soutenues» ces derniers temps. Mais on refusait de confirmer la vente de l'édifice.

En fin de journée, malgré l'inscription au registre foncier qui détaille la vente de l'îlot Voyageur, le cabinet n'a pas commenté le dossier.