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Tony Tomassi encore éclaboussé

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Le ministre de la Famille, Tony Tomassi

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(Québec) Le ministre Tony Tomassi entretenait l'ambiguïté, mais l'affaire est sortie au grand jour jeudi. Le Groupe Genco, que préside son père Donato Tomassi, a bel et bien réalisé des travaux de construction dans au moins une garderie subventionnée depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux en 2003, selon TVA.

Genco a obtenu en 2006 un contrat de 200 000$ pour rénover les locaux de la garderie privée De chenille à papillon, située sur le boulevard Viau à Montréal. À l'époque, Tony Tomassi était député de LaFontaine et adjoint parlementaire du premier ministre Jean Charest.Il a été directeur général de Genco de 1997 à 2003, jusqu'au moment de faire son entrée en politique. Selon le registre des entreprises, l'actionnaire majoritaire de l'entreprise est son père, Donato Tomassi, important organisateur.

Le propriétaire de la garderie, Mario Ranallo, a dit à TVA que le nom de Donato Tomassi lui a été suggéré par le propriétaire de l'immeuble du boulevard Viau, Vincenzo D'Alessio. M. Ranallo a versé 250$ au PLQ en 2007. Il dit ne pas connaître Tony Tomassi.

De chenille à papillon a ouvert ses portes le 7 août 2006, mais n'a touché des subventions du ministère de la Famille qu'à partir du 3 décembre 2007.

L'affaire est intrigante à bien des égards. Car selon la Régie du bâtiment, le Groupe Genco n'a plus de licence depuis août 2005. L'entreprise a pourtant fait des travaux de construction l'année suivante, selon les déclarations de Mario Ranallo.

À l'Assemblée nationale, quelques heures avant le reportage de TVA, le ministre de la Famille, Tony Tomassi, a refusé de répondre à la question martelée depuis deux jours par le député péquiste Nicolas Girard. «Est-ce que, depuis 2003, le Groupe Genco ou une entreprise apparentée, appartenant à des membres de sa famille, a fait des travaux de rénovation ou de construction dans des garderies?» a demandé M. Girard sans relâche.

Tony Tomassi s'est contenté de reconnaître que Genco avait obtenu le contrat de rénovation d'un centre de la petite enfance - une garderie publique - en 2001-2002, sous un gouvernement péquiste. «Nous avons obtenu la soumission parce que nous étions les plus bas soumissionnaires, nous avons fait les travaux. Et, M. le président, ça arrête là», a-t-il dit. À la sortie de la Chambre, le ministre a fui les journalistes qui lui demandaient si, effectivement, «ça arrête là».

Mercredi, M. Tomassi a expliqué que contrairement à un CPE dont la construction est financée par l'État, «chaque service de garde privé assume l'entièreté des coûts de construction». «Il a le droit de faire faire les travaux par n'importe qui. Le ministre et le Ministère ne colligent pas cette information, parce que c'est d'intérêt privé», a-t-il dit.

Cette affaire plonge le premier ministre Jean Charest dans l'embarras, lui qui a dit jeudi que les «insinuations» et les «allégations» du PQ sont «gratuites». Tony Tomassi a la mission de «soutenir les familles», et «il le fait bien», a-t-il ajouté.

La chef péquiste, Pauline Marois, a demandé de nouveau la tête du ministre Tomassi, sur la sellette depuis des mois en raison des allégations de favoritisme à l'égard de donateurs libéraux dans l'attribution de places subventionnées. Elle a demandé si M. Tomassi «est maintenu en poste parce qu'il réussit à recueillir 350 000$ en une seule soirée» pour le Parti libéral.

 




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