Le président de la commission sur la nomination des juges, Michel Bastarache, a déclaré jeudi que son implication politique passée n'avait aucun impact sur son indépendance, malgré le contexte politique québécois.

Alexandre Robillard LA PRESSE CANADIENNE

Fédéraliste convaincu, M. Bastarache a milité en faveur de l'entente constitutionnelle de Charlottetown, en 1992, avant d'être ensuite nommé à la Cour suprême du Canada par l'ex-premier ministre Jean Chrétien, cinq ans plus tard.

Sa nomination avait suscité de vives critiques de l'opposition à la Chambre des communes, à cause de l'implication de M. Bastarache dans la campagne référendaire de 1992 et de son implication comme conseiller électoral des libéraux fédéraux, en 1993.

M. Bastarache travaille maintenant pour le cabinet d'avocats Heenan Blaikie, où travaille M. Chrétien, et il est administrateur de la fondation Trudeau.

L'ex-magistrat du plus haut tribunal du pays a affirmé qu'il n'avait jamais été membre d'aucun parti politique et qu'il n'a jamais contribué directement à aucune formation.

«Je ne vois pas comment ma participation à une campagne en 1992 pour la réforme constitutionnelle me classifie d'une façon quelconque, a-t-il dit. D'abord je n'ai jamais été membre d'aucun parti politique.»

M. Bastarache a affirmé que M. Chrétien n'était pas un de ses amis personnels et qu'il le voyait très rarement.

«C'est un collègue de travail, a-t-il dit. On s'entend bien. On se voit très peu, il voyage énormément. On est 515 avocats chez Heenan Blaikie.»

Par ailleurs, M. Bastarache s'est montré ouvert à ce que les travaux de sa commission soient télédiffusés, comme l'ont été ceux de l'enquête sur le scandale des commandites, présidée par l'ex-juge John Gomery.

«Je pense qu'il faut donner la plus grande transparence possible au questionnement du système alors, a priori, je n'aurais pas d'objection», a-t-il dit lors d'une entrevue.

M. Bastarache s'est montré confiant que la commission pourra encadrer les interventions des personnes appelées à comparaître, de manière à éviter que les travaux se transforment en spectacle, un reproche qui avait été formulé envers la commission Gomery.

«Souvent, quand ils sont télévisés, des gens ont envie de bien paraître et d'envoyer des messages plus grands que ceux qui vont à la commission, a-t-il dit. Mais je crois qu'il s'agit d'avoir un contrôle véritable sur les interventions pour forcer les gens à rester sur le sujet.»

M. Bastarache a déclaré qu'il espère pouvoir commencer ses travaux publics dès le mois de mai, ce qui impliquerait que certaines audiences se tiennent cet été.

«Je pense qu'il y en aura certaines cet été, a-t-il dit. Ce que je me demandais, c'est s'il y a moyen de commencer dès le mois de mai.»

En annonçant mercredi sa nomination pour présider la commission, le premier ministre Jean Charest a indiqué que les recommandations finales du juge devraient être rendues au plus tard le 15 octobre.

M. Bastarache a affirmé que les délais sont serrés et laissent peu de place aux aspects imprévus qui pourraient survenir en cours de route.

«S'il arrive des choses insoupçonnées à l'heure actuelle et que ça complique les travaux, il faudra voir si on peut ajuster le processus pour en tenir compte», a-t-il dit.