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L'avion recherché par Ottawa se serait posé à Dubaï

Mis en cause dans la requête d'Exportation et... (Photo archives Associated Press)

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Mis en cause dans la requête d'Exportation et développement Canada, Atul Gupta a été vu il y a une dizaine de jours à l'ambassade d'Afrique du Sud à Dubaï.

Photo archives Associated Press

Le jet d'affaires manquant qu'Exportation et développement Canada (EDC) cherche à faire saisir pour défaut de paiement d'une famille indienne controversée à qui l'agence a avancé des dizaines de millions de dollars se serait posé à Dubaï hier.

C'est du moins la conclusion d'un journaliste indépendant sud-africain, Gerard van Niekerk, qui utilise les sites de suivi des vols en temps réel pour observer les allées et venues d'un appareil lié, selon lui, aux Gupta.

Ces derniers sont mis en cause dans diverses affaires de corruption en Afrique du Sud et fuient la justice depuis que l'ex-président Jacob Zuma, avec qui ils étaient étroitement liés, a été chassé du pouvoir.

Bien que son numéro d'enregistrement apparaisse à l'écran comme étant bloqué, M. van Niekerk pense avoir réussi à retracer l'avion en filtrant les résultats avec le type d'appareil de Bombardier lui correspondant.

« Il y a habituellement entre 12 et 15 appareils de ce type dans les airs à un moment donné. Quelques-uns seulement ont leur numéro d'enregistrement bloqué », dit Gerard van Niekerk.

Le journaliste a suivi hier un appareil utilisant ce stratagème pour un vol allant de Jaipur, en Inde, à Dubaï, dans les Émirats arabes unis. Les Gupta ont des liens importants avec ces deux pays.

La déduction du journaliste sud-africain, si elle est juste, ne signifie en rien qu'EDC est au bout de ses peines puisque le processus pour faire saisir sur place l'avion est truffé d'embûches.

John Gradek, spécialiste de l'aviation rattaché à l'Université McGill, note que l'agence gouvernementale doit faire reconnaître son droit de saisie par un tribunal avant de présenter une demande en ce sens aux autorités compétentes à Dubaï ou ailleurs.

EDC a présenté à la mi-février devant un tribunal de Johannesburg une requête qui vise à contraindre l'entreprise Westdawn, contrôlée par les Gupta, à ramener l'appareil en Grande-Bretagne ou en Afrique du Sud.

En cas de refus, l'agence demande à la cour d'ordonner aux autorités aériennes sud-africaines de retirer le numéro d'enregistrement de l'avion, ce qui l'empêcherait pratiquement de voler.

CAUSE ENTENDUE AUJOURD'HUI

La cause doit être entendue aujourd'hui. Si l'agence canadienne a gain de cause, M. Gradek pense qu'elle pourra, en principe, obtenir rapidement la saisie de l'appareil s'il est identifié à Dubaï ou ailleurs.

Tout dépendra cependant, le cas échéant, de l'attitude des autorités des Émirats arabes unis ou du pays où il se trouve.

M. Gradek relève qu'un pays occidental obtempérerait sans doute immédiatement à une demande de saisie d'EDC appuyée par une décision de la cour. La chose devient cependant plus délicate « dans des pays plus marginaux » où le respect du droit laisse à désirer.

Les Gupta, qui ont d'importants actifs dans les Émirats arabes unis, pourraient très bien chercher à se négocier des garanties de protection du régime.

La même logique s'applique face aux demandes de la justice sud-africaine, qui a lancé des mandats d'arrêt contre trois frères Gupta en fuite.

Un quotidien sud-africain a révélé hier que les autorités s'étaient bornées à dire au cours des dernières semaines qu'un des frères seulement était recherché dans l'espoir que les deux autres rentrent au pays et se fassent appréhender à leur arrivée.

SAISIE CONTESTÉE

Atul Gupta, qui est mis en cause dans la requête d'EDC, a été vu il y a une dizaine de jours à l'ambassade d'Afrique du Sud à Dubaï où il s'est rendu pour déposer des documents visant à contester la saisie d'une partie de ses biens.

EDC a refusé hier de commenter ces développements en arguant que le processus juridique suit son cours.

L'agence a accepté en 2014 de financer à hauteur de 80 % l'achat par les Gupta d'un jet d'affaires de Bombardier d'une valeur de près de 70 millions de dollars.

L'appareil a été officiellement acquis pour des raisons fiscales par une firme établie en Irlande qui louait l'avion à Westdawn jusqu'à ce qu'elle cesse ses paiements à l'automne.

L'EDC, qui offre des prêts et des garanties de prêts pour soutenir les exportations de firmes canadiennes, espère récupérer une somme de 35 millions de dollars qui lui est toujours due.




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