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Réforme fédérale sur la prostitution: les Québécois plus permissifs

Quelque 51% des Québécois estimetn que la prostitution... (PHOTO JONATAHN HAYWARD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Quelque 51% des Québécois estimetn que la prostitution devrait être légale.

PHOTO JONATAHN HAYWARD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

(Ottawa) Les Québécois semblent moins disposés à appuyer la réforme fédérale des règles sur la prostitution que le reste des Canadiens, selon un sondage gardé secret par le gouvernement Harper.

Ce sondage mené par la firme Ipsos Reid au coût de 175 000$ démontre que les Canadiens sont profondément divisés sur les règles à adopter pour encadrer la prostitution au Canada. Les Québécois aussi, mais ils ont tendance à être plus permissifs.

En décembre, la Cour suprême du Canada a invalidé des pans importants des règles criminelles dans le domaine et donné un an à Ottawa pour en adopter de nouvelles. Un comité parlementaire vient tout juste de terminer l'étude du projet de loi C-36, qui propose de criminaliser l'achat de services sexuels de même que l'offre de ces services par des prostituées dans certains lieux, dont des terrains de jeux et des cours d'école.

Or, le coup de sonde de la firme Ipsos Reid, mené par téléphone entre le 30 janvier et le 7 février auprès de 3000 Canadiens, dont 750 Québécois, démontre que l'approche prônée par les conservateurs sur les questions de l'achat et de la vente des services sexuels ne fait pas l'unanimité.

Seule une mince majorité de 51% des répondants à l'échelle du pays croit que l'achat de services sexuels devrait être illégal, tandis que 44% croit que cela devrait être légal. Quant à la vente de services sexuels, 50% des répondants disent qu'elle devrait être illégale, par rapport à 45% qui croient qu'elle devrait être légale.

Au Québec, environ 51% des répondants estiment que l'achat et la vente de services sexuels devraient être légaux. La différence est importante par rapport à certaines régions, dont celle des Prairies, où seulement 33 et 36% jugent que l'achat et la vente de services sexuels, respectivement, devraient être légaux.

À noter que le coup de sonde ne portait pas précisément sur C-36, mais plutôt sur la perception générale de la population vis-à-vis de ces questions.

Gardé secret

La Presse a révélé l'existence de ce sondage et le refus du ministère de la Justice de le rendre public il y a quelques mois. En coulisse, des fonctionnaires ont prévenu le ministère de la Justice, Peter MacKay, que les conclusions pourraient contredire les positions de son gouvernement.

Depuis, les partis de l'opposition ont pressé le ministre MacKay de divulguer les conclusions de l'enquête avant la fin de l'étude du projet de loi C-36 en comité parlementaire, sans succès. C'est finalement le Toronto Star qui est parvenu à en obtenir un exemplaire mercredi. Le comité a terminé son étude du projet de loi mardi.

La marijuana aussi

En plus de la prostitution, Ipsos Reid a sondé les opinions des Canadiens sur la consommation de marijuana à des fins récréatives. Le ministère de la Justice se penche actuellement sur la possibilité d'adopter des règles moins sévères à l'égard de la possession simple, en réponse aux demandes de nombreux corps policiers.

Ainsi, une vaste majorité de Canadiens, environ 70%, s'est dite favorable à la légalisation de la vente et de la production de la marijuana, ou à la décriminalisation de la possession d'une petite quantité de la substance.

Groupes de discussion

Par ailleurs, l'enquête menée par la firme de sondages incluait aussi la rencontre de groupes de discussion, dont un à Québec le 8 février. Ces rencontres apportent un éclairage différent de certaines opinions formulées dans le sondage.

Les quelque 140 participants ont admis ne pas être au courant des règles en vigueur tant dans le domaine de la prostitution que de la marijuana. Peu d'entre eux ont dit appuyer la légalisation pure et simple des activités liées à la marijuana, comme le propose le chef libéral Justin Trudeau. Quant à la prostitution, «ils ont dit que ce n'était pas un enjeu prioritaire pour eux. [...] Les opinions n'étaient pas fermes».

- Avec la collaboration de William Leclerc




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