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Le Bureau de la liberté de religion se tiendra loin de la Charte

Le 19 février dernier, le premier ministre Stephen... (Photo: PC)

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Le 19 février dernier, le premier ministre Stephen Harper (au centre) nommait le DrAndrew Bennett (à droite) ambassadeur responsable du nouveau Bureau de la liberté de religion. Lal Khan Malik, président de la communauté musulmane Ahmadiyya, était présent lors de cette annonce.

Photo: PC

(Ottawa) L'ambassadeur responsable du Bureau de la liberté de religion, Andrew Bennett, tient à dénoncer toute forme de discrimination envers les minorités religieuses à l'étranger. Mais il refuse de mettre son grain de sel dans le débat qui sévit au Québec au sujet de la Charte des valeurs de laïcité.

Créé en février par le gouvernement Harper et doté d'un budget annuel de 5 millions de dollars, le Bureau de la liberté de religion a pour mandat «de promouvoir la liberté religieuse ou de croyance», une priorité «importante» de la politique étrangère canadienne.

L'ambassadeur Bennett et son équipe doivent aussi concentrer leurs activités sur des pays où l'on observe de «graves atteintes» à la liberté de religion, qui pourraient prendre «la forme de violence, d'incitation à la haine ou de discrimination systémique».

En juillet, M. Bennett a ainsi condamné la détention continue, par le régime iranien, du grand ayatollah Hossein-Kazamani Boroujerdi, leader religieux musulman chiite.

En octobre, M. Bennett a été l'hôte à Ottawa du séminaire inaugural du Bureau de la liberté de religion, afin d'entendre des experts et des leaders de groupes confessionnels sur divers sujets liés à la protection et à la promotion de la liberté de religion. L'ancien premier ministre de la Grande-Bretagne Tony Blair, aujourd'hui président d'honneur de la Fondation interconfessionnelle Tony Blair et Katrina Lantos Swett, vice-présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse dans le monde, faisaient partie de la liste des conférenciers.

Des demandes d'entrevue avec l'ambassadeur Bennett sur la Charte des valeurs de laïcité sont demeurées lettre morte au cours des dernières semaines. Mais le ministère des Affaires étrangères, qui est responsable du Bureau de la liberté de religion, a fait savoir récemment qu'il n'avait pas le mandat de se prononcer sur des questions locales.

«Veuillez noter que toutes les questions reliées à la situation au Québec ou à la Charte des valeurs ne relèvent pas de la juridiction du ministère des Affaires étrangères et ne font pas partie du mandat du Bureau de la liberté de religion», a-t-on expliqué dans un courriel.

Ottawa contestera

Si l'ambassadeur Bennett refuse de s'immiscer dans ce débat qui soulève les passions au Québec, le ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney, également responsable du multiculturalisme, a clairement fait savoir qu'Ottawa contestera tout projet de loi visant à mettre en oeuvre les dispositions de la Charte des valeurs si Ottawa juge, après un examen, qu'il viole les droits fondamentaux des minorités.

Encore la semaine dernière, le ministre Kenney a félicité sur son compte Twitter la direction de l'Hôpital général juif de Montréal après qu'elle eut fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention de se plier à l'interdiction de porter des signes religieux ostentatoires pour les employés du secteur public décrétée dans la Charte des valeurs de laïcité. En lieu et place, la direction a affirmé qu'elle compte respecter la liberté de religion de ses employés, tout en qualifiant le projet de loi 60 de «boiteux» et «discriminatoire».

«Tant mieux pour l'Hôpital juif de MTL pour sa position fondée sur [des] principes de libertés de conscience [et de]religion», a écrit le ministre Kenney sur son compte jeudi dernier.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral du Canada ont aussi dénoncé la Charte des valeurs du gouvernement péquiste. Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a notamment accusé la première ministre Pauline Marois de s'inspirer des conservateurs de Stephen Harper à Ottawa en cherchant à diviser la population pour mieux régner.

Le député libéral Stéphane Dion a soutenu que l'initiative du gouvernement Marois vise à «injecter dans les veines des Québécois une dose de méfiance de l'autre, de méfiance de la différence qui risquerait de contaminer tout le corps social».

Pour sa part, le Bloc québécois estime qu'Ottawa n'a pas à se mêler de ce débat.

- Avec la collaboration de William Leclerc

Bureau de la liberté de religion

> Budget annuel: 5 millions de dollars

> Ses mandats:

1- protéger les minorités religieuses menacées et défendre leurs droits;

2- lutter contre la diffusion de la haine et de l'intolérance fondées sur la religion;

3- faire la promotion des valeurs canadiennes que sont le pluralisme 

et la tolérance.




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