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Mike Duffy aurait reçu deux chèques des conservateurs

Mike Duffy maintient qu'il a été victime d'une... (Photo: Reuters)

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Mike Duffy maintient qu'il a été victime d'une stratégie d'intimidation après avoir refusé de rembourser ses dépenses.

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Deux chèques. Le sénateur Mike Duffy a largué une nouvelle bombe sur le gouvernement Harper, lundi, affirmant que l'avocat du Parti conservateur lui a, lui aussi, versé des milliers de dollars lorsqu'il a remboursé ses dépenses au Sénat.

Dans un nouveau discours explosif à la Chambre haute, M. Duffy a affirmé que Me Arthur Hamilton lui a remis un chèque de 13 560 $ pour qu'il puisse payer ses avocats au terme du jeu de coulisses qui a mené au remboursement de ses dépenses. Cette somme s'ajoute aux 90 000 $ que lui avait remis l'ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, un paiement sur lequel la GRC enquête.

«Un chèque de Nigel Wright? Non, mesdames et messieurs, il y avait deux chèques, au moins deux chèques. Le bureau du premier ministre et l'avocat du Parti conservateur, Arthur Hamilton, ont payé mes frais légaux», a-t-il déclaré.

C'est la première fois qu'un acteur du scandale qui secoue le Sénat depuis l'an dernier confirme l'implication de Me Hamilton dans le remboursement de 90 000 $ en frais de subsistance que le sénateur Duffy aurait réclamés en trop.

Pour appuyer ses propos, M. Duffy a produit une photocopie du chèque envoyé par le cabinet de Me Hamilton à son ancienne avocate, Janice Payne.

Stephen Harper a toujours maintenu que Nigel Wright a agi seul en remettant un chèque personnel au sénateur Duffy. Selon l'opposition, ce deuxième chèque prouve que c'est faux.

«Soit tout le monde a menti à Stephen Harper, soit M. Harper a menti à tout le monde», a ironisé le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

«Chaque jour, les histoires de M. Harper sont de moins en moins crédibles, et chaque jour, les Canadiens ont de plus en plus de difficulté à croire les propos que le premier ministre tient à la Chambre des communes», a déclaré le député libéral Dominic LeBlanc.

Dans une courte déclaration publiée lundi soir, M. Harper a maintenu sa version des faits.

«Le premier ministre n'était pas au courant de l'entente, et si on lui en avait parlé, il n'aurait pas approuvé pareil stratagème», a indiqué son directeur des communications, Jason MacDonald.

Le porte-parole du Parti conservateur, Fred DeLorey, n'a pas rappelé La Presse à ce sujet. Au bureau de Me Hamilton, on a indiqué qu'il ne compte pas commenter l'affaire. Idem pour le leader conservateur au Sénat, Claude Carignan.

Mike Duffy a toujours maintenu que ses dépenses respectaient les règles du Sénat. Il a affirmé que ses erreurs dans les déclarations de ses dépenses totalisaient en fait 437 $ et non 90 000 $, le montant qu'il a été forcé de rembourser à la Chambre haute.

Il soutient que l'entourage du premier ministre a voulu le forcer à rembourser des dizaines de milliers de dollars pour éviter une crise politique après la diffusion de reportages embarrassants. Il dit avoir été victime d'intimidation lorsqu'il a refusé.

Selon un scénario élaboré par l'entourage du premier ministre, M. Duffy aurait dû expliquer qu'il avait contracté un prêt à la Banque Royale afin rembourser le Sénat, a-t-il affirmé lundi. Ce stratagème aurait permis de masquer le paiement secret de Nigel Wright.

«Les millions de Canadiens qui ont voté pour le premier ministre Harper et les milliers de conservateurs qui se rassembleront à Calgary cette semaine seraient choqués de voir comment ces gens, ces conservateurs, opèrent, a asséné Mike Duffy. Ils n'ont aucun sens moral.»

Le sénateur prenait la parole alors que la Chambre haute débat des motions visant à le suspendre sans salaire en compagnie de ses collègues Pamela Wallin et Patrick Brazeau. Ces motions pourraient faire l'objet d'un vote dès jeudi.

Arthur Hamilton... (Photo La Presse Canadienne) - image 2.0

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Arthur Hamilton

Photo La Presse Canadienne

Qui est Arthur Hamilton?

Mis en cause par le sénateur Mike Duffy, l'avocat du Parti conservateur, Arthur Hamilton, a été de toutes les batailles juridiques menées par la formation politique depuis sa création, en 2003. Malgré son rôle prépondérant dans certains dossiers, il refuse toujours d'accorder des entrevues aux médias. Il préfère se tenir loin des projecteurs. Avocat de Toronto ayant de longues racines dans le mouvement conservateur, M. Hamilton a participé à la rédaction de l'accord entre l'Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur pour créer le nouveau Parti conservateur, en 2004. Il a aussi défendu le nouveau Parti conservateur quand sa légitimité a été contestée devant les tribunaux par l'ancien ministre progressiste-conservateur Sinclair Stevens. Il a représenté le Parti conservateur à titre d'intervenant durant les audiences de la commission sur le scandale des commandites présidée par l'ancien juge John Gomery. Mais il a aussi été conscrit pour défendre le Parti conservateur dans certains dossiers controversés, comme l'affaire des appels automatisés et le scandale des «in and out».

La grogne monte chez les conservateurs

Un autre député conservateur est monté au front, hier, pour contester la suspension sans salaire des sénateurs Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau. Peter Kent, ancien ministre de l'Environnement, a joint sa voix à un nombre grandissant de députés et de sénateurs qui désapprouvent les trois motions débattues cette semaine à la Chambre haute. 

«Le leadership au Sénat a fait erreur en pensant que la suspension de ces sénateurs allait mettre fin à la controverse, aux accusations et aux allégations», a indiqué M. Kent en entrevue. 

À l'instar de ses collègues sénateurs Don Plett et Hugh Segal, le député torontois affirme qu'il faut attendre que les enquêtes policières aboutissent à des condamnations avant de sanctionner les trois parlementaires. Il estime qu'une part «significative» de la députation conservatrice partage ses réserves. 

Pour sa part, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a réclamé hier l'abolition pure et simple du Sénat. Il est ainsi devenu le premier ministre du cabinet de Stephen Harper à préconiser la dissolution de la Chambre haute.

«Je suis un partisan de l'abolition du Sénat. Je l'ai toujours été. Avoir aujourd'hui une Chambre législative de non-élus est un anachronisme, à mon avis», a affirmé M. Flaherty.




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