Le premier ministre Stephen Harper refuse de dire à quel moment il déclenchera l'élection partielle pour remplacer Denis Coderre dans la circonscription de Bourassa. Mais tous les partis fédéraux ont déjà commencé à se préparer pour ce qui devrait être une campagne âprement disputée, par les libéraux et les néo-démocrates en particulier.

HUGO DE GRANDPRÉ LA PRESSE

Le nouveau candidat à la mairie de Montréal prendra officiellement sa retraite le 2 juin, après 16 années à siéger à la Chambre des communes. Les règles électorales fédérales veulent qu'une fois l'avis de vacance officiellement envoyé par le président de la Chambre, le premier ministre doive attendre un minimum de 10 jours et un maximum de six mois pour déclencher une élection partielle.

Avec une période de campagne minimale de 36 jours, l'élection dans la circonscription montréalaise de Bourassa pourrait se tenir potentiellement le lundi 22 juillet. Ce scénario est évoqué par certains observateurs et stratèges politiques, puisque le Parti conservateur a peu de chance de l'emporter et que mieux vaudrait pour lui enterrer les mauvaises nouvelles au creux de la période estivale.

Deux autres scénarios sont évoqués. Certains croient que les troupes de Stephen Harper pourraient placer le scrutin au début du mois de novembre, ce qui coïnciderait avec les élections municipales à Montréal et poserait un défi logistique aux libéraux fidèles à Denis Coderre, qui voudraient aussi aider son successeur. Il y a enfin la possibilité que le premier ministre Harper attende plusieurs mois, dans l'éventualité où des députés écartés de son prochain remaniement ministériel démissionneraient. Un tel remaniement pourrait survenir cet été. Cette option permettrait de contrebalancer une possible défaite au Québec avec des gains dans le reste du pays. M. Harper a déjà perdu un ministre dans une élection partielle au Labrador lundi dernier, au profit des libéraux de Justin Trudeau.

Harper se fait discret

Au Cabinet de M. Harper hier, on n'a pas donné d'indication sur le moment possible du déclenchement de cette élection partielle. «Je n'en ai aucune, a répondu son attaché de presse Carl Vallée. Le député de Bourassa occupe d'ailleurs toujours son siège.»

En coulisse, les préparatifs électoraux des différents partis ont commencé. Le NPD a envoyé un courriel à ses membres du Québec dans les heures qui ont suivi l'annonce de Denis Coderre, jeudi, pour solliciter leur soutien financier en vue d'une campagne qui s'annonce coriace. «Bourassa a toujours été une forteresse libérale, mais les libéraux ont laissé tomber le Québec au cours des 20 dernières années», a indiqué l'auteure, la directrice nationale adjointe Chantal Vallerand.

Pas de candidats annoncés

Aucun parti n'a encore annoncé de candidat. Chez les libéraux, le nom de Pablo Rodriguez circule depuis plusieurs mois. L'ancien député a été défait dans la circonscription voisine de Mercier lors des dernières élections. Il connaît bien Denis Coderre, le territoire de Montréal-Nord et l'équipe de Justin Trudeau pour avoir collaboré à sa campagne au Québec au cours des derniers mois. Il est aussi à l'aise devant les caméras, ce qui pourrait être un attrait pour les libéraux, compte tenu du vide laissé par M. Coderre. Justin Trudeau a promis durant la course à la direction que chaque candidat devrait d'abord être élu lors d'une assemblée d'investiture.

Au Bloc québécois, le chef Daniel Paillé a déjà annoncé qu'il ne serait pas lui-même candidat dans la circonscription de Bourassa. «Je vais me présenter à l'élection générale», a-t-il dit lors d'un entretien avec La Presse. «J'ai déjà eu des conversations avec les gens de l'exécutif de Bourassa. On sentait ça venir. On s'y prépare.»