Il n'y aura pas de circonscriptions Maurice-Richard, Gilles-Villeneuve, Paul-Sauvé ou Idola-Saint-Jean. Devant les critiques soulevées par sa proposition initiale, la commission chargée de redécouper les limites électorales fédérales pour le Québec a opté pour des appellations plus classiques.

Mis à jour le 26 févr. 2013
Hugo De Grandpré LA PRESSE

«Reçus avec scepticisme, provoquant même des oppositions senties, ces éléments sont en fin de compte retirés du projet que nous présentons», ont écrit les trois commissaires dans leur deuxième rapport, déposé à la Chambre des communes hier après-midi. Leur première mouture proposait une vingtaine de nouveaux noms à caractère historique. Plusieurs jugeaient qu'ils ne permettaient pas une bonne identification géographique.

La commission a pour tâche d'incorporer trois nouvelles circonscriptions fédérales à la carte du Québec et de redécouper les frontières existantes pour mieux représenter les mouvements de population.

Ces trois nouvelles circonscriptions seraient ajoutées en banlieue de Montréal: Vimy et Sainte-Rose à Laval, et LeMoyne à Longueuil. En revanche, 44 des 75 circonscriptions actuelles conserveraient leur nom, et 31 seulement en changeraient.

Les nouvelles appellations «tirent leur nouveauté de modifications qui, plus ou moins radicales, sont principalement de deux ordres: simplifier les dénominations devenues trop complexes [...] ou assurer une meilleure correspondance avec la réalité géographique résultant du redécoupage», ont expliqué les commissaires.

Ainsi, parmi ces nouveaux noms, on trouve Dorval-Lachine (Lachine est actuellement jumelée avec Notre-Dame-de-Grâce), Ville-Marie (qui se verrait séparée de Westmount) et Saint-Laurent (amputée de Cartierville, qui se joint maintenant à Ahuntsic pour s'appeler Ahuntsic-Cartierville). C'est à Ahuntsic, d'ailleurs, que la circonscription Maurice-Richard devait initialement être ajoutée.

Réactions positives

La première proposition, présentée en septembre, avait provoqué une levée de boucliers, particulièrement en région. Outre les 56 changements de noms alors prévus, plusieurs dénonçaient le fait que de nouvelles circonscriptions séparaient des communautés aux champs d'intérêt similaires sur les plans social, géographique ou politique. C'était le cas, par exemple, de Hautes-Laurentides-Pontiac, qui regroupait un vaste territoire des Laurentides et de l'Outaouais.

Des députés de l'est du Québec avaient même fait front commun pour dénoncer la disparition d'une circonscription de la Gaspésie représentée par un député du Bloc québécois. L'objectif était d'en ajouter une dans l'île de Montréal. Mais les commissaires ont également fait marche arrière sur cette question.

«Ce sont de bonnes nouvelles, compte tenu du fait que le poids politique de l'est du Québec va être maintenu et compte tenu du fait que le premier rapport des commissaires nous amputait d'une circonscription - la mienne», a affirmé le député bloquiste concerné, Jean-François Fortin.

Au Nouveau Parti démocratique (NPD), la réaction est aussi positive. «Après un bref survol, ça semble correspondre à plusieurs des demandes que nous avons faites», a déclaré le député Robert Aubin.

Les propositions seront maintenant étudiées par les membres d'un comité parlementaire, qui transmettra ses recommandations aux trois commissaires. Ceux-ci auront jusqu'en juin pour envoyer leur rapport final au président de la Chambre. La mise en vigueur, qui se fait par décret du gouverneur en conseil, est prévue pour le mois de septembre.