La GRC doit se lancer aux trousses des sénateurs qui ont réclamé des frais de logement de manière frauduleuse, estime le NPD, qui continue d'attaquer le jugement politique du premier ministre Stephen Harper dans ce dossier.

Publié le 13 févr. 2013
Joël-Denis Bellavance et Hugo de Grandpré LA PRESSE

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a fait valoir qu'il incombe aux policiers de mener leur propre enquête s'il s'avère que trois sénateurs - les conservateurs Mike Duffy et Patrick Brazeau et le libéral Mac Harb - ont empoché des milliers de dollars en frais de logement alors que leur résidence principale se trouve dans la région d'Ottawa.

En vertu des règles du Sénat, un sénateur a droit à une allocation de logement si sa résidence principale se trouve à plus de 100 kilomètres de la colline parlementaire.

La firme Deloitte passe actuellement au peigne fin les déclarations de ces trois sénateurs. Le réseau CTV a rapporté mardi soir que les frais de déplacement de la  sénatrice conservatrice Pamela Wallin sont aussi examinés par la même firme. Mme Wallin, qui représente la Saskatchewan au Sénat, a facturé près de 320 000 dollars en frais de déplacement depuis 2010. La majorité de ces frais auraient été encourus pour se rendre non pas en Saskatchewan, mais à son condo de Toronto, selon CTV.

«Le Sénat est en train de faire une enquête sur lui-même. Le public a le droit de savoir comment la centaine de millions de dollars que cela nous coûte chaque année est dépensée. (...) Si on a des soupçons que la loi a été enfreinte, la GRC doit enquêter. Ce n'est pas au Sénat de faire cette enquête», a dit M. Mulcair.

Les trois sénateurs conservateurs faisant l'objet d'une enquête juri-comptable ont été nommés par le premier ministre Stephen Harper. Aux Communes, mercredi, le NPD a soutenu le premier ministre a manqué de jugement en les nommant au Sénat.

«Au Sénat, plus ça change, plus c'est pareil. La sénatrice Pamela Wallin a réclamé plus de 300 000 $ en frais de déplacement au cours des trois dernières années seulement. Moins de 10% de ces frais ont servi à ses déplacements en Saskatchewan, province qu'elle est pourtant censée représenter. C'est l'argent des contribuables que la sénatrice Wallin utilise pour se promener partout au pays, pour être la vedette lors d'activités de financement du Parti conservateur.

«Est-ce que le premier ministre trouve acceptable que l'argent des contribuables serve à recueillir des fonds pour son parti politique?», a lancé M. Mulcair.

M. Harper a défendu le travail de la sénatrice Pamela Wallin en disant qu'elle avait passé près de la moitié de son temps en Saskatchewan l'an passé.