Le gouvernement Harper doit s'inspirer du Québec pour établir des relations durables avec les peuples autochtones, estime le chef du NPD, Thomas Mulcair.

Publié le 17 janv. 2013
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Le Québec, qui a signé la convention de la Baie-James et la Paix des Braves avec les Cris, est un modèle à suivre pour le reste du pays, a ajouté M. Mulcair en marge d'une réunion de deux jours avec ses députés en prévision de la reprise des travaux parlementaires le 28 janvier.

La question des relations entre les gouvernements et les peuples autochtones a été propulsée à l'avant-scène de l'actualité il y a quelques semaines à la suite de la création du mouvement Idle No More, à quoi se sont ajoutés la grève de la faim du chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, et le blocage de routes et de voies ferroviaires par des groupes autochtones.

Ces événements ont conduit le premier ministre Stephen Harper à rencontrer des dirigeants autochtones vendredi dernier afin de trouver des moyens de donner suite aux revendications des Premières nations. Une autre rencontre doit avoir lieu dans les prochaines semaines entre M. Harper et le chef de l'Assemblée des Premières nations, Shawn Atleo.

Les Premières nations veulent la mise en oeuvre des traités qu'ils ont signés avec la Couronne, des investissements dans l'éducation et un meilleur partage des revenus de l'exploitation des ressources naturelles.

Dans le cas de la Paix des Braves, un accord signé en 2002 par le gouvernement péquiste de Bernard Landry, Québec s'est engagé à verser près de 4 milliards et demi de dollars aux neuf communautés cries, en argent comptant et en programmes de développement. L'entente prévoyait aussi que les communautés cries soient associées à la construction du complexe Eastmain-Rupert, dans le Nord du Québec.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair estime que le premier ministre a négligé les affaires autochtones dans les derniers mois et qu'il récolte maintenant ce qu'il a semé.

«Si j'étais à la place de Stephen Harper, je n'aurais pas tenu une réunion il y a un an avec des promesses formelles et je n'aurais pas dormi au gaz. Il a un ministre des Affaires autochtones qui n'est pas là. Il n'a pas l'air de comprendre l'urgence du dossier. C'est une situation volatile. Cette frustration (des autochtones) est née de l'inaction du gouvernement sur ses propres engagements qui datent d'un an», a affirmé M. Mulcair.

«Le modèle (du Québec) de nation à nation a produit des résultats. C'est une situation gagnante pour tout le monde. Le paradoxe, c'est que M. Harper mise tout sur le développement des ressources, mais il n'a jamais compris que régler des questions autochtones fait partie de la capacité de notre pays de résoudre le problème des ressources. Donc, il doit mettre les deux ensemble, sinon l'histoire va le faire pour lui», a-t-il ajouté.

M. Mulcair a d'ailleurs démontré l'importance que son parti accordera à ce dossier à la reprise des travaux parlementaires en nommant Roméo Saganash, député d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, au poste de porte-parole en matière d'affaires intergouvernementales autochtones. M. Saganash est de retour au travail après un congé de maladie de trois mois pour soigner sa dépendance à l'alcool.

«J'ai Roméo en haute estime. J'admire sa détermination et ses qualités de négociateur. Il connaît l'ampleur de la tâche qui l'attend, mais je suis convaincu qu'il relèvera ce défi avec brio», a affirmé  M. Mulcair.

Rappelons que M. Saganash a joué un rôle de premier plan dans les négociations qui ont mené à la Paix des braves. Il a aussi été l'un des acteurs clés qui ont mené à la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.