La direction du Parti libéral devrait éliminer aujourd'hui le dernier obstacle empêchant le chef intérimaire Bob Rae de se lancer dans la course à la direction du parti.

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Lorsqu'il a accepté le poste de chef intérimaire, en mai 2011, après la pire défaite électorale de l'histoire du Parti libéral, M. Rae avait aussi consenti à se soumettre à une nouvelle règle selon laquelle il ne pourrait être candidat à une éventuelle course à la direction. Cette règle avait pour objectif d'éviter de donner au chef intérimaire un avantage indu dans cette future course.

Or, les membres de la direction comptent modifier cette règle dès ce soir à l'occasion d'une conférence téléphonique visant à adopter les modalités de la course qui se mettra en branle au cours des prochains mois.

«La règle sera modifiée de manière à ce que Bob Rae puisse être candidat s'il le souhaite. C'est une formalité», a confié une source libérale qui a requis l'anonymat.

Dans l'esprit de la grande majorité des libéraux, la candidature de Bob Rae ne fait aucun doute, bien que le principal intéressé ait affirmé à quelques reprises, au cours des derniers jours, qu'il n'avait pas encore pris sa décision.

Selon toute vraisemblance, les bonzes du Parti libéral opteront pour une longue course. Le congrès permettant d'élire le prochain chef aura lieu entre mars et juin 2013.

Si M. Rae se lance dans la course, comme d'aucuns s'y attendent, il devra abandonner les fonctions de chef intérimaire du parti. Un autre chef intérimaire devra alors être choisi afin de mener la bataille du Parti libéral à la Chambre des communes. Le Parti libéral ne compte que 35 sièges aux Communes.

Selon le réseau CBC, Bob Rae aurait deux semaines après la décision de la direction du parti pour annoncer ses intentions, soit environ jusqu'à la fin du mois de juin. M. Rae a déjà été candidat à deux reprises dans une course à la direction du Parti libéral. En 2006, il était arrivé troisième derrière le gagnant Stéphane Dion et son collègue Michael Ignatieff. En 2008, il s'était retiré rapidement de la course, à l'instar du député acadien Dominic LeBlanc, au profit de Michael Ignatieff.

Le prochain chef du Parti libéral du Canada sera choisi selon une toute nouvelle formule. Ainsi, les membres en règle du parti ne seront pas les seuls à pouvoir voter: les individus qui appuient les principes défendus par le Parti libéral sans en être membres en bonne et due forme pourront également le faire.

La question que se posent plusieurs militants libéraux à l'heure actuelle est de savoir quels autres candidats d'envergure pourraient se lancer dans la course afin de poursuivre le long travail de reconstruction incontournable dans la foulée des élections du 2 mai 2011.

Selon nos informations, l'ancien ministre de la Justice dans le gouvernement libéral de Jean Chrétien, Martin Cauchon, songe à se lancer dans la course.

Le député libéral de Westmount-Ville-Marie, Marc Garneau, pourrait aussi être sur les rangs, tout comme le député d'Ottawa-Sud, David McGuinty. Les anciens députés Gerard Kennedy et Martha Hall Findlay, qui étaient candidats en 2006, n'écartent pas l'idée de se lancer à nouveau dans la course.

Plus tôt cette semaine, le député Justin Trudeau a une fois de plus écarté l'idée d'être candidat, même si certains analystes croient qu'il pourrait rebâtir le parti.