La Cour suprême déterminera la validité du résultat des dernières élections fédérales dans la circonscription torontoise d'Etobicoke-Centre. Le candidat conservateur qui a remporté ce scrutin, Ted Opitz, a annoncé lundi qu'il contestera le jugement d'un tribunal ontarien qui a annulé sa victoire.

Martin Croteau LA PRESSE

Le candidat libéral défait dans cette circonscription, Boris Wrzesnewskyj, s'était adressé à la Cour supérieure de l'Ontario après avoir perdu l'élection du 2 mai 2011 par 26 voix. Il a soutenu que certains électeurs qui n'en avaient pas le droit ont tout de même voté, ce qui a contribué à sa défaite.

Le tribunal a retenu ses arguments, il y a 10 jours, et annulé l'élection.

M. Opitz a annoncé lundi matin qu'il contestera ce jugement. Il souligne que la Cour n'a blâmé aucun des candidats au moment d'invalider le scrutin et que la très vaste majorité des électeurs ont pu voter sans anicroche.

«Je vais interjeter appel de la décision et laisser la Cour suprême du Canada statuer, a-t-il indiqué dans une déclaration. Il est dans l'intérêt public que les résultats électoraux soient respectés et que des électeurs ne soient pas privés de leurs droits.»

Jeudi dernier, M. Wrzesnewskyj a appelé le premier ministre Stephen Harper à déclencher une élection partielle au plus vite afin de rétablir la confiance des électeurs. Il a aussi dit soupçonner que les conservateurs sont à l'origine de certaines irrégularités qui ont perturbé le vote.

Il a donné l'exemple des déclarations sous serment produites en cour par des employés d'Élections Canada, qui révèlent qu'un gestionnaire de la campagne conservatrice a fait irruption dans un foyer pour personnes âgées et harcelé un travailleur du bureau de scrutin qui s'y trouvait. Cette scène a provoqué la fermeture du bureau en question.

Le Parti conservateur a balayé d'un revers de main ces allégations, accusant M. Wrzesnewskyj de mener une campagne de dénigrement. Son porte-parole, Fred DeLorey, a notamment souligné que le jugement de la Cour supérieure de l'Ontario n'avait blâmé aucun des candidats pour les irrégularités qui ont perturbé le vote.