Le bilinguisme devrait être un critère essentiel à la nomination de représentants du Parlement tels que le vérificateur général, admet du bout des lèvres le ministre du Patrimoine, James Moore. Mais il réitère sa confiance dans le candidat qu'a choisi son gouvernement dans la controverse l'automne dernier, Michael Ferguson.

Martin Croteau LA PRESSE

M. Moore, ministre responsable des langues officielles du gouvernement Harper, s'est distancié de la position défendue par son parti au cours des derniers mois sur la nomination d'un anglophone unilingue au poste de vérificateur général. En entrevue à Radio-Canada lors d'un passage au Nouveau-Brunswick, plus tôt cette semaine, il a été invité à revenir sur la controverse qui a secoué Ottawa en novembre.

Est-ce que le bilinguisme devrait être un critère de base pour un poste clé comme celui de vérificateur général? lui a demandé l'animateur.

«Oui, a répondu M. Moore, mais il fait un très bon travail. Certainement, on cherche ceux et celles qui sont capables de parler les deux langues officielles parfaitement dans chacune de leurs responsabilités et de nos postes.»

Le ministre s'est dit convaincu que M. Ferguson apprendra le français et remplira ses fonctions adéquatement. Ses propos sont passés relativement inaperçus à l'extérieur des Maritimes, où l'entretien a été diffusé.

Nous avons invité M. Moore à préciser sa pensée, hier, mais son attaché de presse, Sébastien Gariépy, n'a jamais rappelé La Presse.

Le Nouveau Parti démocratique, lui, a pris bonne note des déclarations du ministre. «Tout d'un coup, ils changent leur fusil d'épaule, constate le député Yvon Godin, critique du parti en matière de langues officielles. Je pense qu'ils sont en train de comprendre qu'ils ne peuvent pas continuer dans cette direction.»

Le gouvernement Harper a toujours maintenu que M. Ferguson était le candidat le plus compétent pour occuper le poste de vérificateur général. Sa nomination a provoqué un malaise dans l'aile québécoise de son caucus. Le sénateur Léo Housakos a ouvertement manifesté son opposition à la nomination.

Des ministres conservateurs ont depuis exprimé des opinions divergentes à l'égard d'un projet de loi, présenté par M. Godin, qui ferait du bilinguisme un critère obligatoire pour la nomination de 10 représentants du Parlement, tels le vérificateur général et le directeur général des élections.

Maxime Bernier s'est prononcé en faveur du projet de loi, qu'il a qualifié de «très bon». Mais il a été contredit par James Moore, qui a soutenu que l'initiative n'était pas nécessaire.

M. Moore a nuancé ses propos peu après, en affirmant que le gouvernement n'avait pas pris position dans le dossier.