Thomas Mulcair a subi jeudi sa première attaque en règle de la part des conservateurs depuis qu'il a pris la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD). Le chef de l'opposition a été malmené aux Communes au sujet de ses commentaires sur l'impact économique des sables bitumineux albertains.

Martin Croteau LA PRESSE

Au cours d'une période de questions particulièrement acrimonieuse, le chef du NPD s'est plusieurs fois fait prendre à partie par les conservateurs. Le ministre du Patrimoine, James Moore, remplaçait Stephen Harper en Chambre. C'est lui qui a mené la charge contre M. Mulcair.

«Il devrait avoir honte d'attaquer l'Ouest, de diviser notre pays sans même avoir visité les endroits qu'il attaque, a-t-il lancé tandis qu'il était questionné sur un tout autre sujet. Il est inconcevable que quelqu'un qui aspire à devenir premier ministre soit si irresponsable.»

Les conservateurs emboîtent le pas à plusieurs premiers ministres de l'Ouest canadien, qui ont critiqué la prise de position du chef néo-démocrate sur les sables bitumineux. M. Mulcair avait d'abord balayé ces critiques, en accusant les leaders provinciaux d'être des «messagers» du gouvernement Harper.

Inflation du dollar canadien

M. Mulcair soutient que l'exploitation de cette ressource provoque une inflation du dollar canadien. Cela mine le secteur manufacturier, qui dépend des exportations. Il trace un parallèle entre cette situation et celle qui a touché les Pays-Bas dans les années 70, ce que les économistes ont appelé la «maladie hollandaise».

Loin d'être impressionné par la charge conservatrice, le député d'Outremont a promis de camper sur ses positions.

«On a souhaité un débat sur le développement durable et on est en train de l'avoir, a-t-il dit. Parfois, ça va être un peu houleux comme aujourd'hui, mais c'est un débat à long terme. [...] C'est bien mal me connaître de croire que moi, je vais reculer devant un débat sur le développement durable.»