Le Pentagone a admis que le prix d'achat du controversé chasseur furtif F-35 augmentera en raison de délais et d'un nombre de commandes moins important que prévu de la part des pays alliés.

Mis à jour le 14 févr. 2012
Murray Brewster LA PRESSE CANADIENNE

Des responsables américains ne veulent pas indiquer le nouveau prix d'achat de l'appareil, mais ils encouragent les autres nations qui font partie du programme à y demeurer impliquées.

Frank Kendall, le responsable des acquisitions du Pentagone, a mentionné que les États-Unis comptent sur les ventes internationales pour assurer la stabilité des prix pour les années à venir, et que les alliés internationaux reconnaissaient cette nécessité.

Le premier ministre Stephen Harper, le ministre de la Défense Peter MacKay et le ministre associé de la Défense Julian Fantino sont montés aux barricades pour défendre l'achat prévu de 65 avions de combats par Ottawa.

Lors d'entrevues accordées aux médias, M. Fantino a suggéré que le programme évoluait, sans toutefois élaborer.

M. MacKay n'a pas voulu répondre à la question visant à savoir si le Canada imiterait l'Italie, et possiblement la Grande-Bretagne, en réduisant la taille de la commande.

«Nous nous sommes engagés à acheter des chasseurs qui donneront aux Forces canadiennes la chance dont ils ont besoin pour accomplir des missions avec succès.»

M. Harper a déclaré à la Chambre des communes que les chasseurs seraient livrés et que le projet coûterait toujours 9 milliards $, tel que prévu.

«Il y a un budget pour cela. Le gouvernement a été clair. Nous agirons en fonction de ce budget», a répondu le premier ministre à une question du Nouveau Parti démocratique.

Le gouvernement conservateur a affirmé pendant près d'un an qu'il paiera uniquement 75 millions $ par avion et a maintenu cette déclaration malgré un flot de rapports, d'estimés et de projections - la plupart provenant des États-Unis - qui laissent entendre que le prix se situera plutôt autour de 110 et 115 millions $.

Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, a suscité le débat il y a environ un an avec un rapport suggérant que les estimations du ministère de la Défense étaient erronées et basées quasi exclusivement sur les estimations du manufacturier, Lockheed Martin.

La poursuite de la crise financière à Washington et les retards répétés dans le programme ont forcé le Pentagone à rayer 13 appareils de sa liste de commandes pour 2013, et a repousser l'achat de 179 autres chasseurs entre 2013 et 2017.

Puisque le prix des chasseurs est lié au nombre total d'avions achetés par année, les alliés des États-Unis sont de plus en plus nerveux. Le ministre MacKay a confirmé que le Canada participera prochainement à une rencontre à Washington en compagnie des autres nations clientes pour parler des problèmes du programme.

Ce rendez-vous est le précurseur d'une réunion internationale plus importante prévue en Australie, où les délais et les problèmes de mise au point de l'avion seront examinés attentivement.