Le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a promis mercredi de répondre aux questions de l'opposition quant à son rôle dans le financement de projets entourant le sommet du G8 à Huntsville - mais plus tard, et en comité parlementaire plutôt qu'à la Chambre des communes.

Hugo de Grandpré LA PRESSE

Sur la foi de documents rendus publics dans les dernières semaines, les partis de l'opposition accusent M. Clement d'avoir caché son rôle réel dans la distribution de plusieurs dizaines de millions de dollars dans sa circonscription en vue du sommet du G8, il y a un peu plus d'un an.

Ces documents indiquent notamment que le député de Parry Sound-Muskoka aurait suivi de très près le choix des 32 projets qui ont hérité d'un financement de 50 millions de dollars, ce qui contredit ce qu'il a déjà affirmé, à savoir que ce sont les maires de sa région qui ont procédé à cette sélection.

Le NPD accuse aussi le ministre Clement d'avoir fait pression auprès du maire de Huntsville pour qu'il embauche un de ses amis à titre de consultant pour le sommet. On estime qu'il aurait aussi tenté de bloquer un examen des dépenses.

«Il n'y a rien de nouveau dans ces allégations. Il n'y a pas de nouveau matériel. Il n'y a pas de nouvelles preuves. J'ai répondu aux questions à ce sujet en comité parlementaire par le passé. De toute évidence, la vérificatrice générale en était consciente et a examiné un certain nombre de ces questions aussi», a déclaré Tony Clement lors d'une très brève annonce dans un corridor du parlement.

Il a néanmoins annoncé qu'il comparaîtrait devant comité parlementaire des comptes publics «au cours des prochaines semaines», en compagnie de deux collègues du Conseil des ministres qui ont travaillé au dossier: John Baird et Denis Lebel.

Questions de l'opposition

Les partis de l'opposition, et particulièrement le NPD, bombardent le ministre de questions depuis plusieurs semaines à la Chambre des communes, mais ce dernier refuse toujours d'y répondre. Depuis quelques jours, presque chaque fois, c'est le ministre des Affaires étrangères, John Baird, qui s'est levé à sa place.

M. Clement n'a donné mercredi aucune raison pour expliquer cette soudaine volte-face et n'a avancé aucune date pour son témoignage, mais il a précisé qu'il s'attendait à ce qu'il ait lieu assez rapidement.

«Qu'il réponde aux questions qu'on lui pose en Chambre, qu'il réponde aux questions que les journalistes ont à lui poser! Ce n'est pas à lui de choisir la tribune devant laquelle il va devenir imputable et transparent!», a déclaré le député néo-démocrate Alexandre Boulerice. Selon lui, le ministre Clement compte sur le fait qu'une majorité de députés conservateurs siègent à ce comité pour s'en tirer avec des questions moins coriaces.

Dans un rapport rendu public en juin, la vérificatrice générale Sheila Fraser avait conclu que le Parlement avait été mal informé au moment d'approuver les fonds dégagés pour le sommet du G8 et que les projets avaient été approuvés sans critères connus ni pièces justificatives.