Le gouvernement Charest et l'opposition péquiste ont exhorté Ottawa, vendredi, à ne pas réduire le poids politique du Québec à la Chambre des communes.

Publié le 27 mai 2011
Martin Ouellet LA PRESSE CANADIENNE

Le Québec détient présentement 75 des 308 sièges du Parlement fédéral, soit un peu plus de 24% du total.

Une augmentation du nombre de sièges dans le reste du pays aurait pour effet de marginaliser le Québec dans le vaste ensemble canadien, redoutent libéraux et péquistes.

Or, selon le quotidien Le Devoir, le gouvernement de Stephen Harper, fort d'une majorité, s'apprêterait à revenir à la charge avec un projet de loi visant à accroître le nombre de députés fédéraux en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

Une trentaine de nouveaux sièges pourraient être créés sur le plan national.

Après deux tentatives infructueuses en raison notamment du barrage d'opposition à Québec, les conservateurs seraient aujourd'hui disposés à dorer la pilule pour mieux faire accepter la législation et surtout pour éviter d'attiser la flamme souverainiste.

Ainsi, un ou deux nouveaux sièges seraient concédés au Québec en dépit de sa faible croissance démographique.

«Si le résultat net d'un ajout d'un ou deux députés a pour effet de faire baisser le poids politique du Québec en dessous des 24%, ce n'est pas acceptable», a prévenu le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires intergouvernementales, Bernard Drainville.

La barre de 24% est un «strict minimum», a insisté le député péquiste en entrevue à La Presse Canadienne.

«On ne peut pas accepter que le Québec soit encore plus minorisé au sein du Canada. Maintenir le poids politique actuel est vraiment un strict minimum», a-t-il tranché.

D'après le scénario évoqué par le quotidien montréalais, le Québec occuperait, avec un ou deux comtés de plus, 23% des sièges aux Communes, soit la même proportion que le pourcentage de sa population au pays.

Mais pour le ministre des Affaires intergouvernementales, Pierre Moreau, le gouvernement fédéral doit regarder au-delà de la simple logique mathématique.

Le Québec, a-t-il rappelé, s'oppose catégoriquement à une diminution de son poids politique dans les institutions fédérales.

«On s'objecte à ce que notre représentation effective au sein des institutions fédérales soit diminuée. Il ne faut pas que ça descende», a-t-il dit.

En 2007, 2009 et 2010, l'Assemblée nationale a adopté trois motions pour enjoindre Ottawa de ne pas affaiblir la représentation du Québec aux Communes.

Depuis les débuts de la Confédération en 1867, la proportion des sièges occupés par des députés québécois à Ottawa est passée de 36% à 24%.

En raison de son faible taux de fécondité et des mouvements migratoires qui favorisent l'Ontario et l'Ouest canadien, le Québec se retrouve de plus en plus minoritaire au pays.