L'heure de vérité approche pour le gouvernement minoritaire de Stephen Harper. Dans moins d'une semaine, il saura s'il pourra continuer à diriger le pays ou s'il devra soumettre son bilan au jugement des électeurs.

Mis à jour le 19 mars 2011
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Chose certaine, les controverses qui s'accumulent depuis quelques semaines font augmenter l'appétit des trois partis de l'opposition pour des élections générales. Le gouvernement Harper a besoin de l'appui d'un des trois partis pour assurer sa survie à la Chambre des communes.

Si les Canadiens sont convoqués aux urnes ce printemps pour la quatrième fois en sept ans, le gouvernement Harper veut se lancer en campagne en faisant valoir son bilan économique. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, déposera son prochain budget mardi et les conservateurs joueront leurs cartes de manière à ce que le vote décisif sur leur survie aux Communes porte sur le plan budgétaire.

Mais les partis de l'opposition, en particulier le Parti libéral, tenteront de mettre fin au règne des conservateurs en mettant l'accent sur les récents scandales. Cette semaine, la liste des controverses s'est allongée.

> Le Réseau de télévision des peuples autochtones (RTPA) a révélé mercredi soir que Bruce Carson, ancien conseiller du premier ministre, se serait livré illégalement à des activités de lobbying auprès du ministère des Affaires indiennes et du bureau du ministre John Duncan pour le compte de H20 Pros, une société d'Ottawa qui se spécialise dans le traitement des eaux.

Jeudi soir, le même réseau a révélé que M. Carson, 66 ans, cherchait à obtenir des contrats pour cette entreprise qui emploie sa fiancée, Michele McPherson, 22 ans, laquelle a déjà travaillé comme «escorte». Mis au courant de cette affaire, mercredi, le bureau du premier ministre a demandé à la GRC de faire enquête sur les activités de M. Carson.

> Lundi, la ministre des Travaux publics, Rona Ambrose, a demandé à la GRC d'ouvrir une enquête sur les agissements de Sébastien Togneri, un ancien attaché politique du ministre Christian Paradis, parce qu'il est intervenu dans le traitement d'une demande d'accès à l'information, violant ainsi la Loi sur l'accès à l'information.

> Le mois dernier, Élections Canada a déposé des accusations contre le Parti conservateur et quatre hauts responsables relativement à des dépenses non autorisées alléguées de 1,3 million$ durant les élections de 2006. La cause des quatre conservateurs - le sénateur Irving Gerstein, le sénateur Doug Finley et deux dirigeants du parti, Michael Donison et Susan Kehoe - devait débuter vendredi mais elle a été reportée en juin.

> La semaine dernière, le président de la Chambre des communes, Peter Milliken, a jugé que le gouvernement Harper a porté atteinte aux privilèges des parlementaires en refusant de lui fournir les coûts précis des ses projets de loi en matière de justice.

M. Milliken a aussi affirmé que la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, a porté atteinte aux privilèges des parlementaires en induisant la Chambre en erreur lorsqu'elle a décidé de refuser une subvention à l'organisme caritatif Kairos.

Les partis de l'opposition se préparent à trouver Mme Oda et le gouvernement dans son ensemble coupables d'outrage au Parlement lundi.

> Il y a deux semaines, le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a été contraint de congédier un de ses collaborateurs après qu'il eut enfreint des règles parlementaires pour s'être servi de papier à lettres de député pour collecter des fonds pour le Parti conservateur.

Au cours des dernières semaines, tous les sondages publiés accordent une forte avance aux conservateurs dans les intentions de vote oscillant entre 10 et 14 points. La cascade de controverses fera-t-elle bouger les intentions de vote en faveur de l'un des trois partis de l'opposition? Les Canadiens répondront à cette question s'ils sont convoqués aux urnes dans quelques semaines.