Le premier ministre Stephen Harper entend remanier son cabinet au début de janvier 2011. Alors que des élections fédérales se dessinent au printemps, il a demandé à tous ses ministres de lui confirmer d'ici à la fin de l'année s'ils comptent briguer à nouveau les suffrages.

Mis à jour le 22 déc. 2010
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

La réponse de ses ministres risque d'influer sur l'ampleur des changements qu'il apportera à son cabinet. Les ministres qui n'ont pas l'intention de se représenter seront vraisemblablement remplacés dès le mois de janvier, selon nos sources.

M. Harper a confirmé au réseau CTV qu'il remaniera son cabinet au début de la nouvelle année. Dans cette entrevue, il a aussi indiqué qu'il n'avait pas l'intention de proroger le Parlement, comme il l'avait fait l'année dernière, et qu'il ne souhaitait pas d'élections générales en 2011.

«Je ne déclencherai pas d'élections et nous ne mettrons pas sur la table une pilule empoisonnée qui pourrait provoquer des élections. Nous voulons continuer à gouverner. Nous n'avons pas besoin d'élections en ce moment», a dit le premier ministre dans cette entrevue, qui sera diffusée sur les ondes de CTV le 25 décembre.

Tout indique que M. Harper fera entrer au cabinet le nouveau député conservateur de Vaughan, Julian Fantino, ancien chef de la Police provinciale de l'Ontario. Les conservateurs misent sur son arrivée à Ottawa pour continuer de faire des gains dans la grande région de Toronto.

M. Harper pourrait aussi donner une promotion à l'Albertain Ted Menzies, actuellement secrétaire parlementaire du ministre des Finances, Jim Flaherty, à la suite du départ de Jim Prentice, ancien ministre de l'Environnement et député de la région de Calgary. On ne s'attend pas à ce que M. Harper modifie son équipe ministérielle du Québec.

Si M. Harper ne souhaite pas d'élections, la survie de son gouvernement repose entre les mains des trois partis de l'opposition. Les conservateurs doivent compter sur l'appui d'au moins l'un d'eux pour faire adopter le prochain budget, qui fait l'objet d'un vote de confiance.

Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, a déjà fait savoir la semaine dernière que ses troupes voteront contre le budget que présentera le ministre des Finances en février ou en mars. Le Nouveau Parti démocratique préfère faire fonctionner le Parlement, mais il réclame du même souffle des concessions majeures au gouvernement Harper, notamment l'élimination des baisses d'impôts aux sociétés et l'amélioration du programme d'assurance emploi. Et il serait étonnant que le Bloc québécois vienne à la rescousse des conservateurs.

M. Harper a déclaré à CTV que son gouvernement n'avait guère l'intention de conclure des accords avec le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique ou le Bloc québécois simplement pour s'accrocher au pouvoir. «Certainement pas avec le Bloc québécois, un parti voué à la rupture du pays. Nous ne faisons pas d'entente avec de telles gens pour diriger le pays», a-t-il affirmé.

Résultat: tous se préparent maintenant à un possible scrutin au printemps. Les propos sans équivoque de Michael Ignatieff ont d'ailleurs conduit tous les partis à accélérer leurs préparatifs électoraux.

Les stratèges conservateurs, libéraux et néo-démocrates mettent au point les premiers discours, les premiers jours et les premières publicités d'une éventuelle campagne électorale, selon ce que La Presse a appris hier.