Au lendemain de sa nomination au Sénat, l'ancien joueur de football et président des Alouettes Larry Smith a confirmé hier ce que plusieurs savaient déjà: il sera candidat conservateur dans la circonscription de Lac-Saint-Louis, dans l'ouest de Montréal.

Mis à jour le 22 déc. 2010
Catherine Handfield LA PRESSE

«Quand le premier ministre va annoncer les prochaines élections, je vais démissionner du Sénat et soumettre mon nom comme candidat dans Lac-Saint-Louis», a-t-il déclaré en marge d'un discours prononcé hier soir dans un hôtel de Pointe-Claire.

Le premier ministre Stephen Harper a annoncé lundi la nomination de l'ancien sportif de 59 ans au Sénat. Son mandat risque d'être de courte durée, car des élections pourraient avoir lieu au printemps.

S'il aspire à un siège à la Chambre des communes, Larry Smith écarte d'emblée la possibilité d'être nommé ministre sans être élu, comme l'avait été son prédécesseur Michael Fortier. En 2006, M. Fortier avait été nommé sénateur puis ministre non élu, une décision fortement critiquée. Il a finalement abandonné la politique après avoir été battu dans Vaudreuil-Soulanges en 2008.

«Je respecte Michael Fortier, mais je ne pense pas que ce soit la meilleure stratégie pour quiconque», a dit Larry Smith, qui en a profité pour faire l'analogie entre le football et la politique: «Quand tu vas dans le vestiaire, si tu n'es pas membre de l'équipe et que tu n'as rien fait sur le terrain, tu n'as pas de crédibilité.»

Larry Smith affirme avoir choisi la circonscription de Lac-Saint-Louis parce qu'il y a vécu pendant 23 ans. Celui qui réside maintenant à Hudson, en Montérégie, entend «faire la preuve que les conservateurs sont capables de gagner dans l'île de Montréal».

«Comment se fait-il que la deuxième ville en importance au Canada n'ait pas sa place vraiment à la table des décideurs? Ce n'est pas acceptable!» a-t-il lancé devant environ 150 militants conservateurs, parmi lesquels se trouvait le lieutenant politique du premier ministre Stephen Harper au Québec, Christian Paradis.

Comment Larry Smith entend-il déloger les libéraux, qui règnent sur l'Ouest-de-l'Île depuis 1993? Encore une fois, le président sortant des Alouettes n'a pas manqué de rappeler le rôle qu'il a joué dans la renaissance de l'équipe de football montréalaise: «Pour nous, le plan est très simple: nous allons bâtir une bonne équipe, travailler fort, faire du porte-à-porte. Nous allons faire tout ce qu'il faut pour nous intégrer à la communauté, parce que c'est la seule façon de faire. Quand nous avons bâti une équipe de football, nous l'avons fait un partisan à la fois.»

Larry Smith affirme avoir établi une liste de 25 points sur lesquels il aimerait travailler. Il a brièvement abordé la question du soutien aux aînés et l'importance de faire face à la concurrence des pays émergents, comme l'Inde, la Chine et le Brésil.

L'ancien centre droit des Alouettes risque d'affronter le libéral Francis Scarpaleggia, qui en est à son troisième mandat dans Lac-Saint-Louis. L'écart entre l'actuel député et les différents candidats conservateurs est passé de 52 points de pourcentage en 2004 à 23 en 2008.

Larry Smith s'est gardé de décocher des flèches envers son futur adversaire. «J'ai beaucoup de respect pour Francis, a-t-il dit. Il faut toujours respecter ses opposants.»