La femme du premier ministre du Canada, Laureen Harper, s'inquiète du sort réservé à Sakineh Mohammadi Ashtiani, Iranienne condamnée à mort pour adultère.

Mis à jour le 4 nov. 2010
Malorie Beauchemin LA PRESSE



Dans une lettre ouverte au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qu'elle signe avec la présidente des librairies Indigo, Heather Reisman, Mme Harper déplore «le mépris total des droits de la femme en Iran».

«Le cas récent de Sakineh Mohammadi Ashtiani est un affront à toute décence morale et humaine et est représentatif de la situation critique des Iraniennes», écrivent les deux femmes.

«En tant que mères, soeurs et filles, nous sommes vivement inquiètes de la procédure judiciaire injuste et indue à laquelle se heurtent les Iraniennes, dit la lettre. Des peines répugnantes, comme la mort par lapidation, sont couramment infligées aux femmes de ce pays.»

Sakineh Mohammadi Ashtiani, âgée de 43 ans, est emprisonnée en Iran depuis 2006. Elle a été condamnée à la pendaison, pour son implication dans la mort de son mari, et à la lapidation, pour adultère. La Cour d'appel a commué la peine de mort par pendaison en 10 ans de prison, mais la Cour suprême a confirmé, en mai 2007, la condamnation à la lapidation.

Sous la pression internationale, la condamnée avait bénéficié d'un sursis au mois de juillet dernier, mais différents comités de soutien craignent maintenant qu'elle soit exécutée cette semaine, par pendaison plutôt que par lapidation.

Mercredi, les autorités iraniennes ont indiqué que Mme Mohammadi Ashtiani était «en parfaite santé» et que la décision définitive sur son sort n'avait «pas encore été prise».

Nombre de gouvernements occidentaux, des États-Unis à l'Europe, réclament depuis deux jours l'annulation de ce «châtiment barbare».

«Nous vous exhortons une fois de plus à poser un premier geste vers le progrès, et ce, en libérant sans condition Sakineh Mohammadi Ashtiani. Les femmes du monde entier accueilleraient la nouvelle avec satisfaction et y verraient un geste profondément symbolique d'amélioration de la situation des Iraniennes», concluent Mmes Harper et Reisman dans leur lettre au président Ahmadinejad.

Le Parti libéral du Canada a pour sa part sommé le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, d'intervenir. Dans un communiqué publié mardi soir, le ministre Cannon a exhorté le gouvernement iranien à «mettre fin à la situation de détérioration des droits de la personne et à respecter ses obligations juridiques».