Le bureau du premier ministre a mis fin aux spéculations voulant que Jean Chrétien ne serait pas invité à la célébration du 40e anniversaire de la fondation du parc national qu'il a créé près de sa ville natale de Shawinigan.

Jonathan Monpetit LA PRESSE CANADIENNE

Le gouvernement conservateur a apporté des précisions, mercredi soir, à une réponse précédente qu'il avait donnée et qui a mené les libéraux à se demander si l'ex-premier ministre figurerait sur la liste des invités à l'anniversaire de la création du parc national de la Mauricie.

Plus tôt mercredi, le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, avait refusé de garantir que M. Chrétien serait invité à la fête, prévue le mois prochain.

Mais le bureau du premier ministre a par la suite assuré que M. Chrétien était le bienvenu.

Dans un courriel, le directeur des communications de Stephen Harper, Dimitri Soudas, a affirmé que M. Chrétien était le bienvenu.

«Il est un ancien premier ministre de notre grand pays, et il est l'ancien député de la circonscription. Bien sûr qu'il sera le bienvenu et qu'il sera invité», a écrit M. Soudas.

Jean Chrétien, qui a été premier ministre pendant trois mandats, a aidé à mettre sur pied le projet de parc national en 1970, alors qu'il n'était encore qu'un jeune ministre de Pierre Elliott Trudeau.

Le bureau de M. Prentice avait précédemment affirmé à La Presse Canadienne que la planification de l'événement ne faisait que commencer.

«Le ministre Prentice assistera à la célébration, mais nous n'avons pas encore décidé de la forme que prendra sa visite», avait affirmé le porte-parole du ministre, Frédéric Baril.

«Si aucune décision n'a encore été prise sur la forme que prendra sa visite, aucune décision n'a été prise non plus quant aux invités», a-t-il ajouté.

Le doute qui flottait sur la présence du plus célèbre Shawiniganais en a mis plusieurs en colère dans la région de la Mauricie. Certains ont même évoqué une conspiration des conservateurs.

Un ancien organisateur libéral a affirmé qu'une rumeur courait dans la région, selon laquelle Ottawa avait fait pression sur l'administration du parc pour s'assurer que M. Chrétien ne serait pas invité à la célébration.

«Tous les employés du parc vivent dans la région... et ce que l'on sait, c'est qu'ils ont décidé que M. Chrétien ne serait pas inclus dans l'anniversaire», a dit Pierre La Haye, un ancien président de l'association libérale de Saint-Maurice-Champlain.

«Il demeure un politicien populaire, et c'est probablement ce qui les inquiète», a-t-il ajouté.

Des sources proches de l'ancien premier ministre avaient refusé de commenter, disant que Jean Chrétien n'allait faire aucune déclaration publique avant de rencontrer Michael Ignatieff à Shawinigan, jeudi.

L'actuel chef du parti libéral du Canada a tout de même exprimé son indignation.

«Je suis choqué de la nouvelle», a-t-il indiqué, rappelant les mandats de député obtenus par Chrétien dans la région.

«C'est un homme qui a été membre du Parlement pour la Mauricie. Il doit être invité parce que c'est un ex-premier ministre et il a droit à tous les honneurs. Et je serai fier d'être en sa compagnie demain.»

Le parc national de la Mauricie est le deuxième plus vieux au Québec, couvrant des centaines de kilomètres de forêts lourdement exploitées durant le 19e et le début du 20e siècle. Situé à mi-chemin entre les villes de Montréal et Québec, l'endroit est très fréquenté par les touristes.

En 1970, Jean Chrétien avait affirmé que le parc améliorerait l'économie de la région. Parce qu'il s'agissait du deuxième parc national créé au Québec cette année-là, le ministre du gouvernement Trudeau avait été accusé de favoritisme.

«Je ne m'excuserai à personne», avait-il déclaré à un journal local lors de la création du parc.