Ils ont été surnommés le sommet de la «responsabilité» et le sommet de l'«austérité».

Heather Scoffield LA PRESSE CANADIENNE

Mais alors que le premier ministre fédéral Stephen Harper se prépare à tenir les deux événements historiques, cette semaine, il risque de paraître ni austère, ni responsable.

Pendant 72 heures, les personnes les plus puissantes au monde vont se réunir dans le sud de l'Ontario, avec dans leur sillage d'imposants entourages et des milliers de journalistes.

Tout d'abord, les dirigeants des huit nations les plus riches au monde - avec 10 invités de pays en voie de développement - tiendront leur sommet de la «responsabilité», vendredi après-midi et une bonne partie de la journée de samedi, près de Hunstville, dans la région des chalets de l'Ontario. Ils s'entretiendront de santé maternelle, de paix et de sécurité, et tenteront de prouver à quel point ils sont en mesure de tenir leurs promesses.

Ils se rendront ensuite à Toronto pour prendre part à la rencontre du G20, samedi soir et dimanche. Ils parleront alors des façons de contrôler les déficits croissants, de stabiliser les banques, et d'ouvrir les portefeuilles des consommateurs asiatiques. Si M. Harper obtient gain de cause, les pays aux prises avec un déficit s'engageront à entreprendre une période de 10 ans d'austérité, afin de remettre l'économie sur les rails.

De l'autre côté de la clôture érigée autour du site du sommet du G20, les Torontois se font rares, ayant été prévenus de se tenir à l'écart de l'imposant dispositif de sécurité requis pour protéger plus de 30 chefs d'Etat et dirigeants mondiaux. Les rues seront occupées par des manifestants, des taxis, des limousines et des dizaines de milliers de membres du personnel de soutien nécessaires pour faciliter la vie des participants au sommet.

La sécurité sera omniprésente, en partie pour empêcher les manifestants de causer des dégâts matériels ou de s'approcher d'un peu trop près des dirigeants. Les militants s'organisent depuis des mois, et diverses organisations du travail et de lutte contre la pauvreté projettent des coups d'éclat et des manifestations bruyantes.

Les quelque 3000 journalistes appelés à couvrir l'événement se dirigeront tout droit vers le lac artificiel qui a été aménagé dans le centre des médias pour voir s'il est fidèle à sa réputation.

Ottawa dépense 1,24 milliard $ pour organiser les deux événements, dont 1,9 million $ pour la construction d'un «pavillon de marketing» dans le centre des médias, incluant un faux lac Muskoka, un quai, des canoës décoratifs, un bar et une réplique de la Bourse de Toronto.

La majeure partie du budget des sommets est consacrée à la sécurité. Ottawa n'a cependant pas dévoilé beaucoup de détails pour expliquer comment la facture a pu monter de la sorte.