Un député conservateur a présenté ses excuses peu de temps après la parution d'un communiqué, mardi soir, dans lequel les chefs de police canadiens étaient comparés aux membres d'une secte, et qui laissait sous-entendre que les députés libéraux devraient s'en prendre physiquement à leur chef, Michael Ignatieff.

Joan Bryden LA PRESSE CANADIENNE

Lors d'une conversation téléphonique, tard mardi, Garry Breitkreuz, un député de la Saskatchewan, a fait savoir qu'il n'avait pas écrit le communiqué, pourtant associé à son nom.

M. Breitkreuz, un pourfendeur de longue date du registre des armes à feu, a aussi reconnu que le langage utilisé était exagéré et qu'il ignorait comment ce communiqué avait pu être publié.

Le communiqué dénonçait violemment la décision du chef libéral de demander à ses députés de voter contre un projet de loi privé qui vise à abolir le controversé registre des armes à feu.

Les conservateurs mènent une campagne pour ridiculiser la décision de M. Ignatieff. Ils veulent aussi mettre de la pression sur huit députés libéraux qui avaient voté en faveur du projet de loi en deuxième lecture afin qu'ils maintiennent leur appui lors du scrutin final, le mois prochain.

Toutefois, la missive issue du bureau de M. Breitkreuz outrepassait grandement la ligne officielle du parti. Wayne Easter, un des députés libéraux courtisés par les conservateurs, l'avait qualifiée de «tirade indigne d'un député».

Dans le communiqué, M. Ignatieff était décrit comme un «tyran qui pourrait bien être sur le point de commettre un suicide politique». Le texte laissait de plus sous-entendre que personne ne regretterait son absence au Parlement.

Le texte qualifiait aussi le refus du chef libéral d'appuyer l'abolition du registre «de geste désespéré qui insulte l'intelligence des Canadiens».

Même l'Association canadienne des chefs de police, qui souhaite le maintien du registre, faisait l'objet de cinglantes critiques, tandis que le communiqué se moquait des députés de l'opposition qui affirment que le registre sauve des vies.

Selon le communiqué, M. Breitkreuz questionnait ouvertement les motivations réelles de l'Association et de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes, qualifiées de «groupes motivés politiquement qui obtiennent du financement de groupes pro-registre».

Lors de son entrevue de fin de soirée, M. Breitkreuz a fait savoir qu'il avait toujours fait usage d'un langage civilisé dans le cadre du débat sur le registre des armes à feu et qu'il n'oserait jamais demander aux députés libéraux de s'en prendre physiquement à leur chef.

Avant ces excuses, le député Easter, qui a voté en faveur de l'abolition du registre en novembre, avait qualifié le communiqué de «déplacé» et demandé au premier ministre Stephen Harper de se dissocier de pareils propos.