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Un organisme voué à l'éducation pourrait disparaître

Le CCA est un organisme indépendant créé en... (Photo: PC)

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Le CCA est un organisme indépendant créé en 2004: son mandat principal est de surveiller et de promouvoir l'apprentissage au Canada notamment dans les secteurs du perfectionnement en milieu de travail, de l'éducation aux adultes et de l'apprentissage dans les communautés autochtones.

Photo: PC

(Ottawa) Après la culture et la science, l'éducation? La Presse a appris que le gouvernement Harper n'a pas renouvelé le financement du Conseil canadien sur l'apprentissage (CCA), un organisme voué à la promotion de l'apprentissage tout au long de la vie à travers le Canada.

Dans une lettre publiée sur le site web du CCA le 6 avril dernier, le président de l'organisme, Paul Cappon, a annoncé que la décision du gouvernement l'avait forcé à remercier 20% de son personnel, à fermer tous ses bureaux provinciaux, dont celui du Québec voué à la recherche sur l'apprentissage chez les jeunes enfants, et à abolir une série de programmes.

M. Cappon, qui a refusé nos demandes d'entrevue, a précisé dans le document qu'il continuait à négocier avec le gouvernement et qu'il espérait s'entendre pour obtenir du financement d'ici le 31 mars 2010, soit dans un an. S'il échoue, on ignore ce qu'il adviendra de l'organisme.

«L'entente quinquennale originale [...] a été prolongée d'un an, jusqu'au 31 mars 2010, mais sans financement additionnel, a-t-il souligné. Ainsi, pour remplir son mandat principal, notamment de faire avancer la recherche, surveiller l'état de l'apprentissage au Canada et d'en rendre compte par des rapports, le CCA doit rationaliser ses activités.»

«Une perte»

Organisme indépendant, le CCA a été créé en 2004 grâce à une enveloppe fédérale de 85 millions pour cinq ans. Il se penche sur un ensemble de secteurs, dont le perfectionnement en milieu de travail, l'éducation aux adultes et l'apprentissage dans les communautés autochtones. Chaque année, le Conseil publie son Indice composite de l'apprentissage, qui mesure le rendement annuel du Canada dans ces différents secteurs.

Dans le milieu, les rumeurs de compression couraient depuis un certain temps. Ainsi, des experts ont été déçus, il y a quelques jours, de voir leurs craintes confirmées.

«C'est une honte, il n'y a pas de doute, et ce sera une perte», a lancé Alison Taylor, professeure au département d'éducation de l'Université d'Alberta et directrice du Réseau du travail et de l'apprentissage pour la recherche et les politiques.

Le Conseil fournit du financement aux chercheurs et les aide à diffuser leurs conclusions auprès de leurs pairs et du grand public.

«Ça enlève un important forum aux intervenants pour qu'ils communiquent entre eux», déplore pour sa part la Dre Kathleen Flanagan. Cette dernière dirige l'un des cinq «centres du savoir» créés en 2004 et qui fermeront leurs portes le 6 juillet prochain. Ces centres sont disséminés partout au pays et sont chacun axés sur un domaine en particulier. Par exemple, celui de la Dre Flanagan, à Fredericton, se concentre sur l'éducation aux adultes. Celui de Winnipeg étudie les questions d'apprentissage chez les autochtones.

«C'est malheureux parce que nous avons passé les quatre dernières années à construire notre organisation, ce qui prend du temps», a déploré la directrice de ce centre qui emploie quatre personnes. Au total, environ 70 personnes travaillent pour le CCA.

«C'est plate. C'est vraiment plate», a renchéri Paul Bélanger, un spécialiste de l'éducation aux adultes de l'UQAM et un ancien directeur de l'Institut de l'UNESCO pour l'Éducation.

«Dans un pays fédéral, que l'on ait une plateforme non gouvernementale pour discuter entre nous des innovations en cours et se concerter, c'est un avantage majeur. Et ils l'ont bien fait.»

Aucune décision

Au gouvernement, on a pris soin de préciser qu'aucune décision finale n'avait été prise.

«Un examen des investissements fédéraux concernant l'information sur l'apprentissage est en cours, a déclaré une porte-parole du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences. Aucune décision concernant le financement futur accordé au CCA ne sera prise tant que l'examen ne sera pas terminé.»

Par cet examen, qui a débuté il y a près de deux ans (à l'été 2007), le ministère souhaite «optimiser les ressources et [...] éliminer les chevauchements et le travail fait en double».

Or, pour certains, le cas du CCA n'est pas sans rappeler diverses compressions faites par le gouvernement Harper au cours des derniers mois, et qui ont été dénoncées avec véhémence partout au pays. C'est le cas des coupes en culture ou celles dans la recherche scientifique.

Récemment, Ottawa a encore une fois été critiqué lorsqu'il a annoncé la création de nouvelles bourses d'études en sciences humaines exclusivement réservées au domaine des affaires.

«Je ne sais pas pourquoi le CCA n'a pas reçu de deuxième mandat. Son travail a eu beaucoup de valeur, ses contributions ont été importantes, les besoins sont là... Je spéculerais si je m'avançais sur la raison de cette décision. J'aime mieux ne pas m'avancer», a simplement déclaré Kathleen Flanagan.




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