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Polytechnique a attiré une cinquantaine de députés fédéraux

Gilles Duceppe a dit qu'il ne voyait «aucune... (Photo: PC)

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Gilles Duceppe a dit qu'il ne voyait «aucune objection rationnelle» au registre d'armes à feu.

Photo: PC

Karine Fortin
La Presse Canadienne
Ottawa

La projection du film Polytechnique sur la colline parlementaire mardi soir a attiré une centaine de personnes, dont la moitié de députés, venus faire leur devoir de mémoire, se recueillir et réfléchir aux moyens de prévenir d'autres tueries comme celle qui a coûté la vie à 14 étudiantes en génie, le 6 décembre 1989 à Montréal.

L'événement, organisé par le Bloc québécois, ne fera cependant probablement pas changer beaucoup de députés d'idée au sujet du registre des armes à feu, dont le gouvernement Harper veut démanteler une partie, celle touchant les armes d'épaule comme les fusils de chasse et les carabines.

Après une journée de débat sur la question, les élus semblaient en effet campés sur leurs positions: les conservateurs d'un côté, les trois partis d'opposition de l'autre.

Un seul député du parti gouvernemental s'est présenté à la soirée. Il s'agit de Steven Blainey, venu voir cette «belle production québécoise» mais aussi poser un geste politique. Avant la projection, le représentant de Lévis-Bellechasse ne semblait toutefois pas convaincu de l'utilité du registre mis sur pied par les libéraux.

«Je pense qu'on devrait mettre davantage l'accent sur la prévention, la formation et sur les utilisateurs», a-t-il résumé.

A l'exception de M. Blainey, toutes les personnes présentes ont promis de défendre la base de données, crée au lendemain de la tragédie de Polytechnique, qu'ils considèrent comme essentielle en dépit de ses défauts et du coût faramineux de sa conception.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dit qu'il ne voyait «aucune objection rationnelle» au registre. Il a souligné que les chasseurs enregistraient déjà leur véhicule, leur chien et leurs prises et que le fait d'enregistrer leur arme ne constituerait pas une entrave excessive à leur liberté.

Le leader libéral Michael Ignatieff a pour sa part promis que son parti - longtemps divisé sur la question- s'opposerait cette fois-ci au démantèlement du registre. «Ce n'est pas une question politique pour moi. C'est une question de consensus national», a-t-il déclaré.

Une trentaine de bloquistes, une quinzaine de libéraux et six néo-démocrates dont le chef Jack Layton, ont fait acte de présence à la soirée, mais tous ne sont pas restés pour le film. Le député de Papineau, Justin Trudeau, a ainsi expliqué qu'il souhaitait voir la reconstitution de la tragédie ailleurs que dans un endroit public.

La soirée promettait en effet d'être riche en émotions. La mère de l'une des victimes, Suzanne Laplante-Edward, a invité les élus à voter contre le projet des conservateurs pour protéger les enfants tués par leurs parents par des armes de chasse ou les étudiants qui se sentent menacés dans leurs écoles.

«Je ne veux pas lâcher, je ne peux pas lâcher. C'est pour ça que je suis ici ce soir, encore une fois à me tordre les boyaux pour essayer de convaincre les parlementaires qu'il faut continuer parce que cette tragédie a coûté très cher et à tous les jours il y a des meurtres avec des armes à feu», a-t-elle confié, des sanglots dans la voix.

Les députés auront l'occasion de se prononcer dès mercredi sur le registre. Le Bloc québécois soumettra en effet aux voix une motion demandant la fin de l'amnistie dont jouissent ceux qui n'enregistrent pas leurs armes de chasse depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs de Stephen Harper, en janvier 2006.

D'après le porte-parole du Bloc en matière de sécurité publique, Serge Ménard, en n'obligeant pas les propriétaires d'armes à s'enregistrer, le gouvernement rend le registre de moins en moins fiable, sans doute dans l'espoir que les policiers, qui en sont les premiers usagers, cessent de le défendre.

Jusqu'à maintenant, cette stratégie semble toutefois avoir échoué. Le directeur de l'Association canadienne des policiers, Michel Roth, a en effet assuré mardi que son organisme n'était pas sur le point de changer d'avis sur la nécessité du registre.

Il a expliqué que ses membres consultaient la base de données avant de décider comment intervenir en cas d'urgence. A son avis, cette pratique a probablement sauvé des vies.

«Non seulement la vie de policiers, mais probablement la vie d'honnêtes citoyens également qui pourraient être pris dans un feu croisé lors d'une intervention dans une maison. Ces gens-là seraient aussi inutilement exposés si on n'intervenait pas de la bonne façon», a souligné M. Roth.

Le débat sur le contrôle des armes à feu devrait bientôt se transporter au Sénat, où le gouvernement a choisi de déposer son projet de loi sur le registre des armes d'épaule.

Même s'il risque de faire couler beaucoup d'encre, le texte a bien peu de chances d'être adopté puisque les libéraux, qui sont majoritaires à la Chambre haute, ont déjà indiqué qu'ils s'y opposaient.




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