(Ottawa) Le gouvernement Trudeau s’apprête à annoncer un plan ce jeudi pour atteindre la cible de 2 % de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) lors de la dernière journée du sommet qui marque le 75anniversaire de cette alliance à Washington. Le Canada a été critiqué par ses alliés en début de semaine pour ses dépenses militaires insuffisantes en cette période d’instabilité géopolitique.

La nouvelle a d’abord été rapportée par le réseau anglais de CTV mercredi. Le ministre de la Défense nationale, Bill Blair, avait suggéré lundi que le gouvernement était venu au sommet de l’OTAN avec un plan détaillé comme celui que réclament ses alliés, dont un groupe bipartisan de 23 sénateurs américains.

« J’espère qu’au cours des prochains jours, je pourrai faire part de ce plan crédible et vérifiable avec nos alliés pour leur fournir l’assurance que le Canada comprend sa responsabilité et que nous serons à la hauteur de nos responsabilités », avait-il déclaré dans le cadre du Forum sur la politique étrangère et la sécurité à Washington lundi.

Il avait dit s’attendre à ce que les dépenses augmentent jusqu’à au moins 1,75 % d’ici 2029, avec des dépenses supplémentaires pour une nouvelle flotte de sous-marins et des systèmes intégrés de défense aérienne et de missiles qui pourraient les faire basculer au-delà des 2 %.

La pression est forte sur le gouvernement canadien pour qu’il augmente ses dépenses militaires alors que sont réunis les 32 pays membres de l’OTAN dans la capitale américaine. Le message d’accueil du leader républicain au Sénat, Mitch McConnell, à l’endroit du premier ministre Justin Trudeau était sans équivoque.

« Les valeurs partagées et les liens économiques étroits ont toujours été la force des relations entre les États-Unis et le Canada. Mais il est temps pour notre allié du Nord d’investir sérieusement dans la puissance dure nécessaire pour contribuer à préserver la prospérité et la sécurité », a-t-il écrit sur le réseau social X.

« Sur la bonne voie »

Le premier ministre Trudeau avait annoncé en avril des milliards de nouveaux investissements dans le cadre de la révision de la politique de défense, mais le Canada ratait tout de même la cible de l’OTAN. Le gouvernement s’était fixé pour objectif de faire passer le budget de la défense de 1,33 % à 1,76 % du PIB en 2029-2030.

Il prévoyait alors injecter 8,1 milliards sur cinq ans et 73 milliards au cours des 20 prochaines années et avait indiqué que cela le placerait « sur la bonne voie » pour dépasser l’objectif de 2 % fixé par l’OTAN pour les dépenses d’équipement majeur.

Ces efforts ont été reconnus dans la déclaration commune des pays membres publiée mercredi. Ils soulignent le fait que « les dépenses de défense des alliés européens et du Canada ont augmenté de 18 % en 2024, ce qui représente la plus forte progression depuis des décennies ».

Mais ils signalent également que plus des deux tiers des alliés consacrent au moins 2 % de leur PIB à la défense et appellent les pays membres à aller au-delà.

« Nous réaffirmons que, dans bien des cas, il faudra consacrer plus de 2 % du PIB aux dépenses de défense pour remédier aux insuffisances actuelles et satisfaire les besoins que fait apparaître, dans tous les domaines, la montée de la contestation de l’ordre de sécurité », ont-ils rappelé.

Ils estiment que la Russie « demeure la menace la plus importante et la plus directe pour la sécurité des alliés » et s’inquiètent du resserrement de ses relations avec la Chine. Le sommet a été l’occasion d’« intensifier » le soutien de l’OTAN à l’Ukraine « sur le long terme afin qu’elle puisse remporter son combat pour la liberté ». Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, était d’ailleurs présent.

L’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN, mais plusieurs de ses voisins en sont membres, notamment la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. La Finlande, qui partage une frontière avec la Russie, s’est jointe à l’alliance en 2023, soit l’année ayant suivi l’invasion russe en Ukraine.

En vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, le texte fondateur de l’OTAN, les pays membres de l’OTAN « s’engagent à se protéger mutuellement » si l’un d’entre eux est attaqué.

Avec Mélanie Marquis, La Presse, et La Presse Canadienne