(Ottawa) Le chef adjoint du Parti vert, Jonathan Pedneault, a annoncé sa démission mardi pour des raisons personnelles. Il partageait la direction de la formation politique avec Elizabeth May depuis 2022, même si la constitution du parti ne permet pas le modèle de co-porte-parole comme Québec solidaire.

« C’est certain que les conditions actuelles – et encore une fois, je ne rentrerai pas dans les détails – rendent ma décision aujourd’hui inévitable », a-t-il affirmé lors d’une conférence conjointe sans donner plus de détails sur les raisons qui l’ont poussé à partir. Il a toutefois indiqué que sa décision n’était pas attribuable au fait que le parti tarde à modifier sa constitution pour accommoder le modèle de co-chefferie.

Jonathan Pedneault, qui est aujourd’hui âgé de 34 ans, s’était présenté lors de l’élection partielle en 2023 dans Notre-Dame-de-Grâce–Westmount, un château fort libéral, après le départ de l’ex-ministre Marc Garneau. Il avait récolté 13,4 % du vote derrière les conservateurs (13,5 %) et les néo-démocrates (13,8 %). La libérale Anna Gainey avait remporté l’élection partielle avec près de 51 % des voix.

« Je suis déçue, c’est le moins qu’on puisse dire », a réagi Mme May lors d’une conférence de presse conjointe. « Jonathan Pedneault est un jeune homme extraordinaire – extraordinaire –, doté de profondeur, de courage et d’intégrité. »

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

Elizabeth May a été la première députée du Parti vert à se faire élire à la Chambre des communes du Canada en 2011.

Les deux avaient fait campagne ensemble lors de la course à la direction de 2022 qui avait suivi une année tumultueuse sous Annamie Paul. Cette dernière avait fini par remettre sa démission peu de temps après la dernière élection fédérale.

Le Parti vert avait récolté 2,3 % du vote en 2021, derrière le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier qui avait obtenu 5 %.

Ils espéraient un changement de la constitution du parti pour permettre une co-chefferie qui a été retardée à quelques reprises.

« Je ne voulais pas être perçue comme une cette vieille dame qui pense qu’elle est la seule à pouvoir diriger le parti », a-t-elle dit, rejetant l’idée que le Parti vert est l’œuvre d’une seule personne.

Elizabeth May, aujourd’hui âgée de 70 ans, se retrouve donc seule à la tête de la formation politique sans dauphin. Elle dit demeurer attachée à l’idée d’une cochefferie si les membres finissent par l’accepter.

Elle a confirmé qu’elle comptait solliciter un autre mandat dans la circonscription de Saanich–Gulf Islands en Colombie-Britannique malgré l’accident vasculaire cérébral qu’elle a subi il y a environ un an. « J’ai une santé remarquable, a-t-elle affirmé. Je travaille plus d’heures que ce que la plupart des gens de la moitié de mon âge peuvent supporter. »

Elle s’est ensuite emportée en parlant d’un de ses petits-enfants dont la naissance est prévue en octobre. « Les baby-boomers ont foutu en l’air cette planète et nous ne pouvons pas nous en aller et laisser à nos enfants le soin de la réparer, a-t-elle lancé avant de s’excuser d’avoir utilisé le mot en “f” en anglais. Je suis une version de 70 ans, colérique et grincheuse de Greta Thunberg. Suis-je prête ? Mets-en ! »

Mme May a été la première députée du Parti vert à se faire élire à la Chambre des communes en 2011. La lutte contre les changements climatiques est au cœur de son engagement politique.