(Québec) Bernard Drainville est accusé de lancer des « petites attaques personnelles » pour faire « diversion » en attaquant Gabriel Nadeau-Dubois sur le fait qu’il a fréquenté une école secondaire privée, lorsqu’il était enfant, dans le contexte où Québec solidaire (QS) prône de retirer les subventions au réseau privé au profit des établissements scolaires publics.

À la période des questions, mercredi, le chef parlementaire de QS a demandé au premier ministre Legault si le gouvernement était prêt à mettre fin à la sélection des élèves dans les programmes pédagogiques particuliers offerts dans les écoles publiques. Le parti d’opposition veut que Québec assure l’accès sans restriction à ces programmes pour tous les élèves.

« Il y a les plus chanceux, ceux et celles qui viennent de bonnes familles ou qui ont les meilleures notes et il y a les moins chanceux, ceux qui ont de moins bons bulletins parce qu’ils viennent d’un milieu plus difficile. Eux, ils n’ont pas les mêmes choix, ils n’ont pas les mêmes chances. Ils ont le régulier. Ça va les suivre toute leur vie. Les chanceux, eux autres, ils ont accès à des programmes particuliers où ils peuvent aller au privé. Notre système leur donne à eux toutes les chances de réussir », a dit M. Nadeau-Dubois en chambre.

Plus tard, sa collègue Ruba Ghazal a posé d’autres questions au ministre de l’Éducation cette fois-ci au sujet des coûts associés aux cours de rattrapage. Elle lui a demandé si Québec comptait les rendre gratuits à l’avenir dans le contexte où il le fait cet été, mais uniquement pour les cours associés aux épreuves ministérielles de 4e et 5secondaire.

« Petit commentaire sur les écoles privées. Le chef de QS qui est allé à l’école privée, il as-tu un commentaire à faire là-dessus ? », a répondu M. Drainville, revenant sur l’échange précédent qui ne le concernait pas.

« Je faisais référence au préambule de la question du chef de QS, qui a dit tout à l’heure : “Les chanceux, eux, ont accès à des PPP ou peuvent aller au privé”. Mais il est allé au privé. Ça fait qu’il arrête de faire la leçon puis de se draper dans la grande vertu », a renchéri le ministre de l’Éducation.

Drainville a lui-même choisi le privé

En 2012, lorsqu’il était ministre dans le gouvernement péquiste de la première ministre Pauline Marois, le ministre de l’Éducation de l’époque, Pierre Duchesne, avait été critiqué pour avoir envoyé ses enfants à l’école privée. Mme Marois avait pourtant affirmé en campagne électorale qu’un ministre de l’Éducation « a le devoir d’être exemplaire (et doit) envoyer ses enfants à l’école publique ». Les journaux avaient rapporté que sept ministres péquistes, incluant Bernard Drainville, avaient envoyé leurs enfants au privé.

Maintenant ministre de l’Éducation au sein du gouvernement caquiste, Bernard Drainville a refusé de répondre aux questions concernant ses déclarations lors de la période des questions, mercredi.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Gabriel Nadeau-Dubois.

Pour sa part, Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié les propos du ministre de « petits », lui qui était rouge de colère quelques minutes plus tôt au Salon bleu.

« Questionner les choix que mes parents ont faits il y a 15 ans pour faire diversion dans un débat de société qui est important, c’est-à-dire qu’on veut que tous les petits gars et toutes les petites filles du Québec aient les mêmes chances, je trouve que c’est petit et je trouve que ce n’est pas à la hauteur du rôle qu’est celui de [ministre de l’Éducation] », a-t-il dit.

« J’ai eu des chances dans la vie. C’est vrai. Et ma responsabilité, parce que j’ai eu ces chances-là, c’est de travailler chaque jour à ce que tous les enfants du Québec aient le plus de chances possible de réussir », a ajouté M. Nadeau-Dubois.