Le Parti libéral du Québec a retiré la candidature d’Anne DeBlois dans la circonscription de Charlesbourg, à Québec, au lendemain de son annonce, en raison de propos publiés dans le passé.

Publié le 12 août
Vincent Larin
Vincent Larin La Presse

Des gazouillis publiés au fil des ans qu’a pu consulter La Presse montrent qu’Anne DeBlois a à de nombreuses reprises exprimé des positions contraires à celles défendues par le PLQ.

Sur Twitter, Anne DeBlois se disait notamment contre le projet de tramway dans la Capitale-Nationale, pour celui de troisième lien Québec-Lévis et contre des mesures coercitives pour obliger les partis politiques à atteindre la parité hommes-femmes, notamment.

Elle avait aussi déjà qualifié l’islam de religion « totalitaire » et accusé le premier ministre Justin Trudeau et les « écologistes de pacotille » de vouloir « tuer le Canada ».

« Un jour viendra où les Français devront choisir entre l’Islam et la mort… et les Canadiens aussi », pouvait-on lire jeudi parmi ses quelque 369 500 tweets, un gazouillis qu’elle avait publié en novembre 2015.

  • Ancien gazouillis de l’ex-candidate libérale Anne DeBlois

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    Ancien gazouillis de l’ex-candidate libérale Anne DeBlois

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Plus récemment, elle interpellait directement le député libéral Enrico Ciccone sur Twitter : « Enrico, je vous aime bien, mais ça fait 50 ans qu’un 3lien devait être construit et son besoin est entre autres pour de la redondance en cas de travaux majeurs. »

Un mea culpa

Contactée en soirée, Anne DeBlois a reconnu avoir déjà tenu ces propos alors qu’elle « militait pour des gens qui étaient très à droite [et qu’elle] avait adopté des positions qui étaient très radicales ».

Par le passé, Anne DeBlois s’est présentée sous la bannière du Parti conservateur du Québec en 2018, dans la circonscription voisine de Jean-Lesage, et en 2014, dans Taschereau. Depuis 2016, elle occupait également le poste de membre du comité exécutif de l’association conservatrice de Charlesbourg – Haute-Saint-Charles, selon son profil sur le site internet LinkedIn.

C’est des positions où je me suis rendu compte que j’étais allée trop loin dans le passé. Il y a des choses que je vais devoir enlever [des réseaux sociaux], je n’ai pas l’intention de nier ces choses-là, je tiens à m’excuser.

L’ancienne candidate libérale Anne DeBlois

Anne DeBlois a aussi confié être « passée très proche de tomber dans les théories du complot, suivant le 11-Septembre », « toutes des affaires dans lesquelles j’ai fait un gros ménage ces dernières années ». « Il y a des choses pour lesquelles je me rétracte aujourd’hui », a conclu la candidate en précisant « que la pandémie m’a permis de remettre beaucoup de choses en question ».

Le PLQ savait-il ?

Selon Anne DeBlois, le PLQ avait été informé de ses prises de position passées, plaidant qu’« il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée ». « Normalement, ils sont censés avoir tout vu avant de m’accepter », a-t-elle ajouté.

La candidate déchue est devenue membre du parti lors de la course à la succession de Philippe Couillard, en 2020, après quoi, elle s’est impliquée dans l’instance locale du parti dans la circonscription de Charlesbourg, où elle dit avoir été accueillie « à bras ouverts ».

Diplômée de l’Université Laval en biochimie et en informatique de gestion, Anne DeBlois cumule 22 ans d’expérience dans les domaines public et privé des technologies de l’information, pouvait-on encore lire sur le site internet du PLQ, jeudi soir.

Elle dit avoir rencontré « quelques fois » la cheffe libérale Dominique Anglade, qui n’était d’ailleurs pas présente à l’annonce de sa candidature mercredi dernier.

Des positions « inacceptables et incompatibles »

Informé jeudi soir des propos tenus dans le passé par Anne DeBlois, le Parti libéral du Québec n’a pas tardé à retirer sa candidature.

« Les propos tenus par Anne DeBlois sont inacceptables et incompatibles avec les valeurs libérales. Elle ne sera donc pas candidate aux élections de 2022 pour notre formation politique », a rapidement réagi le directeur des communications au cabinet de la cheffe libérale, Jérémy Ghio.

« Nous annoncerons une nouvelle candidature pour représenter les gens de Charlesbourg rapidement », a-t-il ajouté. Le Parti n’a pas souhaité formuler de commentaires sur la vérification des antécédents de ses candidats.

Même si la circonscription a élu un député de la Coalition avenir Québec en 2018, l’actuel ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien, elle a souvent porté au pouvoir des représentants du PLQ. Ainsi, en 2014, le libéral François Blais y avait été élu.

Rappelons que le PLQ est à la traîne en matière de recrutement avec moins de 80 candidats confirmés en date du 11 août.

À titre de comparaison, la Coalition avenir Québec, Québec solidaire et le Parti conservateur du Québec en ont tous plus de 110 chacun, tandis que le Parti québécois avait en début de semaine seulement une soixantaine de candidats, et ce, avant d’en annoncer 22 nouveaux jeudi.

En savoir plus

  • 22,44 %
    Score du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Charlesbourg lors des dernières élections provinciales en 2018
    Source : DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC