(Toronto) Les conducteurs ontariens ont connu un certain soulagement des prix exubérants à la pompe vendredi lorsque la réduction de la taxe sur l’essence de la province est entrée en vigueur. La taxe sur l’essence de l’Ontario est réduite de 5,7 cents le litre pendant six mois à compter de ce vendredi.

Publié le 1er juillet
La Presse Canadienne

La législation adoptée le printemps dernier prévoit aussi que la taxe sur le carburant, qui inclut le diesel, soit réduite de 5,3 cents le litre au cours de la même période.

Le gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario a estimé que lors de son application, cette réduction de taxes coûtera 645 millions.

Le premier ministre Doug Ford envisagerait de prolonger la mesure après le 31 décembre prochain si l’inflation devait être encore élevée à ce moment-là.

Les changements surviennent alors que les Ontariens font face à des prix de l’essence qui sont très élevés à travers la province. À Toronto, les prix à la pompe ont augmenté de près de 40 % depuis le début de l’année, atteignant un sommet record de 2,15 $ le litre au début de juin avant de terminer le mois autour de 2,00 $ le litre.

Les conducteurs ont remarqué l’impact de la réduction de la taxe, vendredi, dans les stations-service de la région de Toronto, où les prix ont chuté d’environ 11 cents du jour au lendemain pour atteindre 1,93 $, ce qui est attribuable en partie seulement à la mesure du gouvernement ontarien.

« Chaque dollar compte. Cela va aider un peu », a déclaré Matthew Johnston alors qu’il faisait le plein d’une fourgonnette dans une station-service du centre-ville de Toronto.

M. Johnston, qui gère une jeune entreprise de restauration et travaille dans un domaine viticole, affirme que la flambée du prix de l’essence conjuguée à l’inflation l’a forcé à réduire ses dépenses.

« Je n’ai plus été en mesure de sortir ou de faire quoi que ce soit […] honnêtement, tout est parti pour l’essence, le loyer-vous savez, juste le coût de la vie », a-t-il dit.

Il met habituellement 60 $ dans le réservoir pour faire son trajet quasi quotidien vers la région de Niagara. Vendredi, il a choisi d’opter pour un remplissage de 40 $.

Des observateurs s’attendent à ce que la réduction des taxes offre un certain soulagement aux consommateurs, mais à leur avis, l’impact de la baisse pourrait fluctuer en raison de facteurs externes.

Des analystes notent que M. Ford pourrait être confronté à une décision difficile en décembre lorsque la mesure expirera et que les prix augmenteront probablement à nouveau avant Noël.

Un citoyen qui mettait de l’essence dans sa voiture, Hermain Kazmi, a qualifié la réduction d’impôt de mouvement dans la bonne direction. Il a admis que les prix élevés de l’essence l’avaient récemment poussé à utiliser davantage les transports en commun, mais qu’il s’attendait à reprendre ses habitudes de conduite antérieures si les prix baissaient.

M. Kazmi était « à 100 % » en faveur du gouvernement prolongeant la réduction de la taxe jusqu’en 2023, exprimant même l’espoir que cela pourrait conduire à davantage d’allégements financiers.

« Je ne pense pas qu’une baisse de 10 cents aurait un impact énorme. C’est un bon changement, mais je pense qu’il doit baisser en fonction de l’inflation et du fait que les salaires n’ont pas suivi la hausse de l’inflation », a-t-il mentionné.

La flambée des prix du gaz, un moteur clé de l’inflation, est liée à une demande accrue du pétrole alors que l’économie rouvre après la pandémie de COVID-19. La situation a également été exacerbée par une pénurie mondiale d’approvisionnement causée en partie par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Ali Avali s’est arrêté pour faire le plein de son véhicule utilitaire sport (VUS) en se rendant dans un parc à l’extérieur de Toronto, avec son chien, un Malamute d’Alaska, assis sur la banquette arrière.

« La seule raison pour laquelle je conduis, c’est à cause de [mon chien]. Je l’emmène courir un peu dans la campagne », a-t-il expliqué.

Une fois le prêt remboursé sur son VUS, M. Alavi a dit qu’il prévoyait de passer à un véhicule électrique. Il s’oppose à une réduction de la taxe sur l’essence. Il croit que si les prix continuaient d’augmenter, davantage de personnes pourraient également être enclines à faire le changement.