(Québec) Éjectée du caucus libéral en raison d’allégations de harcèlement psychologique en novembre, la députée Marie Montpetit a annoncé mardi qu’elle ne sera pas candidate aux élections d’octobre. À ce jour, l’élue de Maurice-Richard estime n’avoir rien à se reprocher et accuse Dominique Anglade d’avoir « manqué de respect ».

Publié le 24 mai
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Marie Montpetit, qui siège comme députée indépendante depuis novembre dernier, a convié la presse mardi pour faire le point sur son avenir politique. L’ex-ministre de la Culture et des Communications sous Philippe Couillard a annoncé qu’elle ne solliciterait pas de nouveau mandat en octobre, mais qu’elle ne fermait pas la porte à un retour sur la scène politique dans l’avenir.

« Je me suis engagée pendant huit années avec passion et rigueur en donnant le meilleur de moi-même. J’aime toujours ce que je fais, je l’ai toujours aimé depuis la première journée. Ma passion et ma flamme n’ont jamais vacillé, ce qui m’amène à dire que je ne ferme pas la porte à revenir en politique un jour. Mais, pour le moment, j’ai le besoin d’aller faire autre chose », a-t-elle expliqué.

En novembre, La Presse révélait que la cheffe Dominique Anglade avait reçu une plainte écrite de harcèlement psychologique visant Mme Montpetit, en plus d’avoir été mise au courant d’allégations de même nature à son sujet. Mme Anglade a pris la décision d’exclure Mme Montpetit à la suite de « nouvelles informations préoccupantes » obtenues par le parti dans les jours qui ont suivi.

La Presse avait recueilli les témoignages de quatre personnes alléguant que Marie Montpetit les a harcelées psychologiquement. Il s’agit d’employés politiques qui ont travaillé avec elle dans l’opposition, mais aussi au moment où elle était ministre du gouvernement Couillard. Une autre source avait confirmé que les autorités du parti avaient été informées de comportements répréhensibles et de paroles inacceptables de la part de la députée à l’égard du personnel politique au cours des mois précédant son exclusion.

Mardi, la députée de Maurice-Richard a répété à plusieurs reprises qu’elle n’a été visée par aucune plainte formelle ni par aucune enquête interne à la suite de ces allégations.

« L’Assemblée nationale a confirmé à quatre reprises qu’il n’y avait aucune plainte déposée dans le processus de l’Assemblée nationale. Il n’y a aucune plainte qui n’a été déposée dans aucune instance. Je n’ai été rencontrée d’aucune façon concernant des allégations de harcèlement psychologique ou autre. Je n’ai fait l’objet d’aucune enquête », a fait valoir Mme Montpetit.

Ce qui a été dit, ce qui a été rapporté sur des commentaires anonymes dans les journaux, je ne peux pas le commenter. Le seul fait que je connais, c’est qu’il n’y a pas de plainte à l’Assemblée nationale.

Marie Montpetit, députée indépendante de Maurice-Richard

Un « manque de respect »

Si elle se dit « très sereine » aujourd’hui, la députée demeure amère du processus ayant mené à son exclusion du caucus par la cheffe. « Je suis très déçue de la façon dont les choses ont été faites », a-t-elle déclaré. « [Dominique Anglade] a manqué de respect, certainement. Elle n’a pas utilisé le processus dont on s’est doté et qui a été voté à l’unanimité par les 125 députés de l’Assemblée nationale. Elle aurait pu le faire ».

À ce jour, Marie Montpetit maintient n’avoir rien à se reprocher et n’avoir pas exercé de harcèlement psychologique à l’égard de ses anciens collègues. Elle se définit toujours comme une libérale après avoir oeuvré au sein du Parti libéral du Québec pendant 25 ans, a-t-elle dit. « À savoir si j’ai déchiré ma carte du parti, la réponse est non », a-t-elle affirmé, mardi.

Marie Montpetit a cependant ajouté qu’elle ne voterait pas pour le PLQ aux prochaines élections. Elle votera par ailleurs en faveur de l’adoption du projet de loi 96 sur la protection du français, tandis que les troupes de Dominique Anglade voteront contre.