(Montréal) Jugeant que l’accès aux plans d’eau et aux berges est trop restreint dans la province, Québec solidaire (QS) déposera un projet de loi d’ici la fin de la session parlementaire afin de permettre à tous les Québécois d’en profiter.

Mis à jour le 21 mai
Mathieu Paquette La Presse Canadienne

Qu’il soit question de l’accès aux plages au bord des lacs, aux rampes de mise à l’eau pour les embarcations ou aux sentiers près des cours d’eau, le parti estime qu’il existe une inégalité au sein de la population quant à l’accès à ces lieux de détente et de plein air.

Certaines régions comptent de nombreux plans d’eau accessibles, mais elles sont très loin des grands centres urbains, qui eux, au contraire, ont une offre beaucoup plus limitée.

« Moi je suis une députée de région, donc on a un lac pour deux personnes », illustre la députée solidaire de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, qui portera ce projet de loi.

Photo Olivier Jean, archives LA PRESSE

La députée solidaire Émilise Lessard-Therrien

« Donc c’est moins un enjeu que pour les personnes qui, par exemple, habitent sur l’île de Montréal, qui n’ont pas d’auto et qui n’ont pas les moyens de se louer une voiture pour aller dans un parc national ou profiter de nos espaces de plein air. »

Puisqu’il ne s’agit de rien de moins qu’une « question de santé publique » selon QS, Mme Lessard-Therrien, déposera son projet de loi d’ici la fin de l’actuelle session parlementaire.

En entrevue avec La Presse Canadienne, la députée n’a pu dévoiler le contenu de son projet de loi, en raison des règles de l’Assemblée nationale, mais elle a expliqué que l’idée sera de faire en sorte que tous les Québécois sachent à quel endroit ils peuvent se rendre pour profiter d’un plan d’eau, et ce, sans avoir à débourser une fortune.

Aller pratiquer des activités de plein air, c’est rendu aussi bon qu’avoir une saine alimentation et que de faire de l’activité physique. Mais à l’heure actuelle, ce n’est pas tout le monde qui a la même chance pour aller pratiquer ces activités, pour aller s’évader en plein air et se rafraîchir dans un lac.

Émilise Lessard-Therrien, députée solidaire

« Donc l’idée est vraiment de venir rétablir une équité. »

La pandémie a d’ailleurs mis en lumière ces inégalités, selon QS, car il est apparu clair que de nombreuses familles confinées chez elles, surtout dans les grandes villes, avaient de la difficulté à trouver des endroits où se rafraîchir pendant les canicules.

L’idée du parti n’est pas d’aller retirer aux propriétaires d’espaces privés leur accès à l’eau, mais plutôt d’ajouter des lieux ouverts à tous et de faire en sorte qu’ils soient davantage connus par les citoyens.

Mme Lessard-Therrien reconnaît que du travail devra être fait avec les villes concernant les rampes de mise à l’eau pour les bateaux de plaisanciers, puisque certaines coûtent « une fortune » à utiliser.

« Beaucoup de berges sont sous juridiction municipale, donc il y a beaucoup de travail à faire avec les municipalités, mais il faut commencer à semer des graines concernant l’importance de garantir l’accès aux plans d’eau », explique-t-elle.

Ce projet de QS s’inscrit dans sa volonté de faciliter l’accès des Québécois à la nature qui les entoure. Plus tôt cette semaine, le parti avait dévoilé son engagement électoral de rendre complètement gratuit l’accès aux parcs nationaux et aux réserves fauniques.