(Montréal) C’est au tour du Parti québécois (PQ) de demander de l’aide pour les apiculteurs du Québec qui sont aux prises avec un taux de mortalité inégalé de leurs abeilles cette année.

Mis à jour le 21 mai
Mathieu Paquette La Presse Canadienne

Le PQ appelle les deux ordres de gouvernements à accorder immédiatement l’aide d’urgence de 12 millions réclamée par l’Union des producteurs agricoles, qui affirme avoir besoin de cette somme pour lutter contre les parasites et les autres ennemis des abeilles.

Le Québec doit aussi interdire l’utilisation des pesticides néonicotinoïdes et du glyphosate, selon le PQ, non seulement en raison de leur impact sur la diminution des colonies d’abeilles, mais aussi à cause de leurs effets néfastes sur d’autres aspects de notre environnement.

« Ce sont vraiment parmi les herbicides les plus dangereux actuellement », souligne la députée de Gaspé et porte-parole du PQ en matière d’agriculture et d’alimentation, Méganne Perry Mélançon, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Chaque année, les apiculteurs constatent annuellement en moyenne le décès de 20 à 35 % de leurs colonies, après l’hiver, mais ce taux peut atteindre les 60 % cette année — un niveau jugé alarmant par l’AADQ.

« Ça affecte aussi la qualité de l’eau et les aliments, donc il faut trouver des moyens d’aider les producteurs agricoles, sans nuire à tout l’écosystème. »

Chaque année, les apiculteurs constatent en moyenne le décès de 20 à 35 % de leurs colonies, après l’hiver, mais ce taux peut atteindre les 60 % cette saison – un niveau jugé alarmant par le regroupement des Apiculteurs et des apicultrices du Québec.

Parmi les causes qui expliquent ce bond se trouvent les changements climatiques, l’utilisation abusive de pesticides et l’arrivée d’un parasite particulièrement nuisible aux colonies, le varroa destructor.

Le PQ considère que les gouvernements doivent agir là où ils le peuvent dès maintenant, c’est-à-dire en débloquant les fonds demandés par les apiculteurs et en interdisant les pesticides nuisibles.

Le tout n’est cependant pas simple. L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire – une division de Santé Canada – avait promis, en 2018, d’interdire l’utilisation extérieure de néonicotinoïdes, mais avait finalement jugé, l’an dernier, qu’une interdiction « complète n’est pas justifiée ».

Les néonicotinoïdes agissent sur le système nerveux central des insectes, ce qui les rend particulièrement nocifs pour les populations d’abeilles, notamment.

Quant au glyphosate, un herbicide extrêmement populaire, malgré une cible de réduction mise en place par Québec, son utilisation a augmenté ces dernières années, affirme le PQ.

« Malgré l’effort qui est fait, on n’a pas les bons résultats, donc il faudrait carrément interdire l’utilisation du glyphosate », estime Mme Perry Mélançon.

Un gouvernement péquiste interdirait justement les pesticides néonicotinoïdes et le glyphosate dans les 100 premiers jours de son mandat.

Mais pour répondre à la crise actuelle, Québec doit aussi soutenir les projets visant à ajouter de nouvelles ruches dans la province le plus rapidement possible, selon la députée péquiste.

« Il y a des gens qui peuvent le faire, tant en ville qu’en région, croit Mme Perry Mélançon. Il est possible d’avoir des initiatives pour mettre en opération de nouvelles ruches. Donc on demande aussi d’augmenter la production d’abeilles pour être en mesure de sauver la saison. »