(Edmonton) Les conservateurs qui seront à l’écoute du prochain débat à la direction du parti espèrent voir les six candidats en lice pour le poste le plus élevé du parti mettre fin aux attaques personnelles, a déclaré un coprésident de campagne.

Publié le 11 mai
Stephanie Taylor La Presse Canadienne

Il souhaite que les candidats parlent des enjeux et en débattent vigoureusement sans que cela devienne personnel, a déclaré le député de la Colombie-Britannique, Ed Fast, qui fait partie de la campagne à la direction de l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest.

Il mentionne qu’au final, tous font « partie de la famille conservatrice » et qu’ils doivent s’unir pour mener les prochaines élections et réussir.

M. Charest ainsi que les cinq autres candidats à la direction se rendront à Edmonton pour participer au premier débat officiel à la direction du parti qui se déroulera mercredi en anglais. Un autre débat en français aura lieu deux semaines plus tard.

Les membres du parti et les Canadiens intéressés ont eu la chance de voir comment cinq des six candidats ont réagi les uns aux autres lorsqu’ils sont montés sur scène à Ottawa la semaine dernière pour un débat non officiel, tenu dans le cadre d’une conférence pour les partisans conservateurs.

Ils ont vu une heure et demie d’échanges enflammés, au cours desquels Leslyn Lewis a critiqué son collègue député Pierre Poilievre pour sa position contre les mesures COVID-19. M. Poilievre s’en est pris à Jean Charest pour son travail passé avec le géant chinois des télécommunications Huawei, en plus de l’accuser d’être un libéral pour avoir dirigé le Parti libéral du Québec.

« Nos membres sont très engagés », a déclaré Andrew Scheer, l’ancien chef conservateur et député de la Saskatchewan qui travaille maintenant à faire élire M. Poilievre.

« Nos membres veulent voir comment les candidats à la direction peuvent gérer les combats les uns des autres, car ce sera beaucoup plus difficile lors d’une campagne électorale générale », mentionne M. Scheer.

S’exprimant avant le débat de la semaine dernière, il a déclaré que M. Poilievre – qui a acquis la réputation d’être un bouledogue grâce à des années de performances agressives à la Chambre des communes – possède également une connaissance approfondie de la politique.

« Il est l’un des députés les mieux préparés que j’aie jamais vus », a déclaré M. Scheer.

Laryssa Waler, qui occupait auparavant le poste de directrice des communications du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a dit que les débats passent au second plan par rapport à l’adhésion au parti que les candidats doivent annoncer à leurs partisans d’ici le 3 juin, s’ils espèrent compter sur eux pour choisir leur nom sur le bulletin de vote classé du parti.

Elle a déclaré qu’en regardant les débats, il est important de se rappeler que la plupart des conservateurs ont déjà choisi le candidat à soutenir. Ceux qui sont sur scène recherchent également des occasions de réduire le soutien de leurs rivaux, a ajouté Mme Waler.

« Tout le monde sur cette scène a besoin que Pierre Poilievre n’obtienne pas 50 % », a-t-elle déclaré, faisant référence au fait qu’un candidat doit obtenir le soutien de la majorité pour être déclaré vainqueur lors du dépouillement des bulletins de vote le 10 septembre.

« Si Pierre Poilievre obtient 50 %, c’est fini », dit-elle.

M. Poilievre revient à Edmonton après avoir organisé un rassemblement dans la ville le mois dernier qui a attiré plus de 2000 personnes. Ses évènements bruyants ont été une caractéristique déterminante de sa campagne, ce qui, selon les connaisseurs, est un signe d’élan rarement vu dans les courses à la direction.

Enjeux lors du débat

Une grande différence entre le débat de la semaine dernière et celui de mercredi sera la présence de Patrick Brown, le maire de Brampton, en Ontario. Il avait décidé de renoncer à l’évènement de la semaine dernière pour vendre des adhésions. Il a cependant déclaré qu’il avait « gagné » dans un courriel envoyé par la suite.

Dans un message envoyé aux membres du parti avant le débat de mercredi, M. Brown a critiqué l’adoption par M. Poilievre de la cryptomonnaie Bitcoin comme moyen de lutter contre l’inflation, la qualifiant de « conseil d’investissement farfelu ».

« Ce n’est pas le moment pour les riches politiciens de carrière de promouvoir des plans pour devenir riche rapidement », a écrit M. Brown mardi.

Ce dernier, tout comme Jean Charest, voit un chemin vers la victoire en amenant des masses de nouveaux membres conservateurs, plutôt que d’essayer de gagner la base existante. M. Brown concentre spécifiquement ses efforts sur l’obtention du soutien des Canadiens racisés.

Michelle Rempel Garner, députée de longue date de Calgary et coprésidente de la campagne de M. Brown, a déclaré que le parti devait se développer dans ces communautés des grandes villes pour être plus compétitif face aux libéraux.

À ce titre, elle espère que les spectateurs du débat de mercredi se mettront à la place d’un électeur indécis et se demanderont qui est le mieux placé pour assurer la victoire du Parti conservateur aux prochaines élections fédérales.

Les sujets qui devraient être couverts lors du débat de mercredi comprennent l’avenir de l’énergie et de l’environnement, la loi et l’ordre, le coût de la vie et le Nord.

La députée Rempel Garner a déclaré qu’il serait judicieux pour le parti d’organiser les sujets de manière à ce que les candidats abordent des questions qui, par le passé, ont empêché les Canadiens de voter pour les conservateurs.

« Plus précisément des sujets comme la garde d’enfants, le soutien aux libertés religieuses, le soutien à la communauté LGBTQ, notre position sur les droits des femmes, la santé reproductive et le climat », énumère-t-elle.

Elle souligne que ce sont toutes des questions qui ont à plusieurs reprises harcelé le parti au cours de plusieurs élections.