(Toronto) La campagne électorale commencera officiellement mercredi en Ontario, alors que la lieutenante-gouverneure de la province a accepté de dissoudre l’Assemblée législative à la demande du premier ministre Doug Ford, mardi.

Publié le 3 mai
Allison Jones et Holly McKenzie Sutter La Presse Canadienne

Elizabeth Dowdeswell a confirmé que les élections générales auront lieu dans un peu plus d’un mois, le 2 juin. Mais les politiciens font déjà campagne officieusement depuis plusieurs semaines – deux des trois principaux partis ont même déjà publié leur plate-forme électorale.

Avant sa rencontre avec la lieutenante-gouverneure, mardi après-midi, le premier ministre Ford a affirmé que les Ontariens auront « un choix très clair » à faire le 2 juin.

« L’enjeu de cette élection sera très simple, a-t-il affirmé. Les gens pourront choisir de revenir en arrière… ou d’aller vers la prospérité et de voir de nouvelles infrastructures être construites – des ponts, des routes et des autoroutes – comme nous le promettons. »

Les sondages publiés jusqu’ici suggèrent que le Parti progressiste-conservateur pourrait être réélu, et que le Parti libéral pourrait déloger le Nouveau Parti démocratique (NPD) pour former l’opposition officielle à Queen’s Park.

Mais la cheffe du NPD, Andrea Horwath, a soutenu mardi que son parti était le mieux placé pour ce qu’elle a qualifié de « tâche numéro un » : vaincre les progressistes-conservateurs.

Lors d’un évènement à Toronto, Mme Horwath a souligné que son parti forme l’opposition officielle à l’Assemblée législative depuis 2018, alors que les libéraux entrent dans la course cette fois avec seulement sept députés sortants. « Nous savons que les choses qui comptent le plus pour les gens peuvent être résolues si nous nous réunissons cette fois et veillons à ce que Doug Ford soit vaincu en votant pour le NPD », a-t-elle déclaré.

Le chef libéral, Steven Del Duca, a souligné que M. Ford et Mme Horwath semblent vouloir diriger leurs attaques contre lui. « Moi, je vais me concentrer sur les 15 millions de personnes qui habitent cette province, et sur ce dont ils ont besoin, ce qu’ils recherchent et ce à quoi ils aspirent, en sortant de cette pandémie : une qualité de vie qu’ils méritent, à mon avis », a déclaré M. Del Duca.

Les libéraux ont publié une série de vidéos en ligne, mardi matin, destinées à présenter M. Del Duca aux électeurs. Bien qu’il ait été ministre dans l’ancien gouvernement libéral de Kathleen Wynne, les sondages suggèrent qu’il n’est pas bien connu du grand public. Il avait été battu par le candidat conservateur lors des dernières élections générales en 2018.

Pendant ce temps, Élections Ontario encourage les résidents à voter par anticipation cette année, dans l’espoir de réduire les foules dans les bureaux de scrutin, pendant la pandémie. Le port du masque ne sera pas obligatoire pour les électeurs et le personnel, mais il sera offert à ceux qui le souhaitent.

Quant aux Ontariens qui voudront éviter ce rassemblement, il y aura 10 jours de vote par anticipation, au lieu de cinq, et Élections Ontario offrira un nouveau processus en ligne pour obtenir un bulletin de vote par correspondance.

Élections Ontario a également lancé une nouvelle application, qui permettra aux électeurs de situer sur une carte l’emplacement de leur bureau de scrutin, de consulter des informations sur les candidats et de connaître toutes les options sur les façons de voter.

Les électeurs pourront aussi recevoir des notifications lorsqu’un nouveau candidat s’enregistre et obtenir une version électronique de la carte d’information de l’électeur, avec code-barres.

Les libéraux promettent des réductions de GES

Les libéraux de l’Ontario ont par ailleurs promis mardi de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans la province en renforçant les normes pour l’industrie, en interdisant la construction de nouvelles centrales au gaz naturel, en accordant des rabais pour les véhicules électriques et en offrant des subventions pour les rénovations écologiques.

Leur objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030 et d’atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050.

Le chef Steven Del Duca a reconnu que la taxe fédérale sur le carbone contribuerait grandement à l’atteinte de ces objectifs – le plan libéral prévoit que plus de la moitié de ces réductions proviendront d’initiatives fédérales – mais il a ajouté qu’il était important que la province agisse en parallèle.

Le NPD a également promis de réduire de moitié les niveaux d’émissions d’ici 2030 et d’atteindre un niveau net zéro d’ici 2050.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, a critiqué le plan libéral en le qualifiant de « demi-mesure » et a pointé le fait qu’il n’était pas chiffré. Les Verts veulent atteindre un niveau net zéro en 2045 et tripler l’utilisation des transports en commun d’ici 2030.