(Ottawa ) L’ancien premier ministre de l’Ontario Mike Harris appuie la candidature de Jean Charest dans la course à la direction du Parti conservateur.

Publié le 25 mars
Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse
Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

M. Harris, qui a été premier ministre de l’Ontario de 1995 à 2002, a confirmé sa décision dans une déclaration sur les médias sociaux.

« En ces temps incertains, nous avons besoin d’un leadership fort, expérimenté et qui a fait ses preuves. Je suis fier d’appuyer Jean Charest », a fait savoir M. Harris, qui conserve une influence certaine dans le mouvement conservateur en Ontario.

Cet appui constitue un appui de taille de Jean Charest en Ontario, une province qui aura évidemment une influence importante dans le dénouement de cette course au leadership.

PHOTO NATHAN DENETTE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

L’ancien premier ministre de l’Ontario Mike Harris

Cet appui survient d’ailleurs au moment où la lutte s’annonce féroce entre le député conservateur Pierre Poilievre, considéré comme le meneur, et Jean Charest, qui effectue une tournée de trois jours au Québec. Le maire de Brampton, Patrick Brown, pourrait aussi causer une surprise dans cette course. En tout, une dizaine de candidats ont manifesté l’intention de briguer la direction du Parti conservateur à la suite du départ forcé de l’ancien chef Erin O’Toole. Les candidats intéressés ont jusqu’au 19 avril pour confirmer leurs intentions.

Jeudi soir, Jean Charest a rencontré ses militants à Laval dans le cadre de sa campagne « Bâti pour gagner » pour la direction du Parti conservateur du Canada.

« Mon nom est Jean Charest, et je serai le 10 septembre prochain le chef du Parti conservateur » du Canada, a affirmé l’ancien premier ministre du Québec devant ses militants au Château Royal. Les centaines de partisans ont scandé « Charest ! Charest ! Charest ! » en l’accueillant dans la salle bondée. Le politicien a pris part « avec émotion » à ce rassemblement, pour lancer « la partie québécoise de cette course au leadership ». Il participera à un évènement ce vendredi à Québec et samedi à Sherbrooke.

Après avoir été premier ministre du Québec de 2003 à 2012 sous la bannière libérale, M. Charest tente d’effectuer un retour en politique fédérale. Il y a évolué de 1984 à 1998.

Durant la soirée, la commentatrice politique Tasha Kheiriddin a qualifié Jean Charest de « visionnaire et [de] rassembleur ». Le parti est à la « croisée des chemins », a-t-elle affirmé. « On peut choisir le repli sur soi, la fermeture d’esprit et la route de la division, ou on peut choisir l’avenir, a-t-elle fait valoir. Un avenir qui comprend les jeunes, les femmes, la communauté LGBTQ et les nouveaux Canadiens. » Mme Kheiriddin a renoncé à briguer la chefferie du Parti conservateur du Canada pour se ranger derrière M. Charest.

Durant son discours, Jean Charest a affirmé revenir en politique « parce que le Canada est profondément divisé ». Le politicien a donné l’exemple de l’Alberta, où il a lancé sa campagne pour la direction du parti, il y a deux semaines. Les Albertains « souffrent et se sentent rejetés », mis à l’écart par un gouvernement qui leur annonce des politiques qui ne semblent pas tenir compte de leurs intérêts, a-t-il affirmé.

En s’adressant aux Albertains, M. Charest a dit vouloir être le prochain chef du Parti conservateur du Canada, afin qu’ils reviennent « dans le giron canadien avec honneur et enthousiasme ».

Jean Charest a dit vouloir redonner au Canada « son leadership » sur la scène internationale. « Qui aurait pu croire il y a quelques années seulement que notre pays aurait si peu d’influence [à l’étranger], si peu de rayonnement ? », a-t-il déploré.