Le député Pierre Poilievre briguera la direction du Parti conservateur du Canada.

Mis à jour le 5 février
Léa Carrier
Léa Carrier La Presse

Il en a fait l’annonce samedi soir sur Twitter. « Le gouvernement devient trop gros et trop contrôlant », assène le député de Carleton dans une vidéo. Il dit vouloir devenir premier ministre afin de « faire du Canada le pays le plus libre au monde ».

« Voici le problème : Trudeau pense qu’il est le patron. Il se trompe, c’est le contraire. Vous êtes le patron », insiste Pierre Poilievre, élu depuis 2004.

Plus tôt mercredi, le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, a été chassé de son poste par son caucus à Ottawa. Un coup de sonde de Nanos publié la veille dans le Globe and Mail plaçait Pierre Poilievre, 42 ans, en position de tête pour lui succéder. Il se lance ainsi dans l’arène avant tout autre candidat potentiel, avant même que la course n’ait officiellement commencé et alors que les règles restent à déterminer. Il ne peut donc pas commencer à recueillir des fonds pour la course à la direction.

Lors de la dernière course, Pierre Poilievre avait passé son tour, citant des raisons familiales. Il venait tout juste d’avoir un enfant.

La faute à Trudeau

Porte-parole des conservateurs en matière de finances, Pierre Poilievre a amorcé sa déclaration en tenant Justin Trudeau responsable de l’inflation. « Plus de la moitié des familles interrogées disent avoir de la difficulté à se nourrir et de plus en plus de gens dans la trentaine vivent dans le sous-sol de leurs parents parce qu’ils ne peuvent pas payer une maison normale qui coûte maintenant 800 000 $ », s’insurge-t-il.

Élu particulièrement incisif dans les débats aux Communes, Pierre Poilievre a réitéré son appui au convoi de la liberté et aux opposants aux mesures sanitaires qui défilent sur la colline du Parlement.

« Le gouvernement essaye de museler quiconque ose critiquer, notamment avec des lois qui contrôlent ce que vous regardez ou dites sur l’internet, en utilisant le COVID comme opportunité politique. Le gouvernement Trudeau attaque nos petites entreprises, camionneurs et travailleurs. »

De nombreux appuis

De nombreux députés conservateurs et ex-figures du parti se sont rangés derrière lui, samedi soir. « Après sept victoires électorales consécutives ici même en Ontario. Aucun doute, Pierre est la réponse à un Parti conservateur fort et uni », a publié sur Twitter la députée de Thornhill, Melissa Lantsman.

[Je suis] excitée que Pierre Poilievre se présente comme chef du [Parti conservateur du Canada]. Il est un vrai conservateur qui a demandé des comptes à Justin Trudeau et aux libéraux.

Jenni Byrne, ex-bras droit de Stephen Harper

« Depuis 2004, j’ai été témoin des fortes valeurs conservatrices de Pierre, de son éthique de travail et de ses compétences en communication qui font de lui le PM dont le Canada a besoin », a réagi le député manitobain James Bezan. L’élu britanno-colombien Dan Albas a aussi appuyé la candidature de Poilievre, un homme « travaillant, intelligent et excellent communicateur ».

« Pierre Poilievre est le leader dont notre parti a besoin maintenant », a de son côté soutenu Michael Barrett, député de Leeds–Grenville–Thousand Islands and Rideau Lakes. L’ex-ministre sous le gouvernement Harper John Baird a aussi encouragé son « ami », qui dispose « du cerveau et de la colonne vertébrale pour faire un excellent premier ministre. » « Je suis très heureux de le soutenir. »

Ces derniers jours, d’autres noms avaient circulé comme candidats potentiels, dont ceux de Patrick Brown, maire de Brampton, en Ontario, et de Peter Mackay, ancien ministre de la Justice sous Harper, qui avait encaissé la défaite aux mains d’Erin O’Toole lors de la dernière course à la direction.

Avec La Presse Canadienne