(Québec) Québec espère que le déploiement de bracelets électroniques antirapprochements permettra de réduire le nombre d’homicides conjugaux.

Mis à jour le 2 février
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le gouvernement Legault a franchi mercredi un pas de plus vers leur déploiement en déposant un court projet de loi (quatre articles seulement) modifiant la Loi sur le système correctionnel du Québec.

Une fois la loi adoptée, le dispositif pourra être imposé aux criminels par des juges, mais aussi par la Commission québécoise des libérations conditionnelles ou des directeurs d’établissements de détention.

« C’est un outil de prévention des homicides conjugaux. Quand je regarde comment ça s’est passé dans les six autres pays [qui ont adopté cette technologie], il y a une réduction considérable des méfaits. En Espagne, depuis qu’ils l’utilisent, aucune des personnes qui ont utilisé le bracelet n’a été tuée, donc une réduction nette du nombre d’homicides conjugaux », a dit mercredi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

« En Australie, réduction de 82 %, aussi, des incidents conjugaux. Donc il y a vraiment des bénéfices nets. C’est la raison pour laquelle on s’embarque là-dedans ici », a-t-elle ajouté.

Déploiement de 500 bracelets

Le projet de loi déposé par Québec fait suite à l’engagement qui avait été pris par la ministre de doter la province d’un système de bracelets électroniques dès ce printemps. Le gouvernement vise à terme de déployer 500 bracelets sur l’ensemble du territoire.

« Dans le préprojet [à Québec], on aura un premier échantillon de 16 bracelets, à l’automne, on en aura 134 nouveaux et au printemps prochain 350 autres. […] Avec le roulement, on pense que 500 vont suffire […], mais c’est important de dire que si on en a besoin de plus, […] on pourra en avoir plus », a dit Mme Guilbault.

Le bracelet antirapprochement fonctionne par géolocalisation. Il se compose de deux parties, soit un bracelet, porté par le contrevenant, et un dispositif remis à la victime. Dans tous les cas, « ça nécessitera le consentement de la victime, très important », a précisé la ministre.

Avec la collaboration de Caroline Plante, La Presse Canadienne