(Québec et Montréal) Le Parti québécois réclame que le nouveau directeur national de santé publique par intérim, le DLuc Boileau, donne un avis scientifique clair concernant la volonté du gouvernement d’imposer une « contribution santé » aux Québécois qui refusent d’être vaccinés. Mais le principal intéressé, lui, ne se montre pour l’instant que très évasif.

Mis à jour le 27 janvier
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

En marge du caucus d’avant-session parlementaire du PQ à l’Assemblée nationale, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a affirmé que si la Santé publique refuse de signer un avis appuyant l’imposition d’une contribution santé, « on pourra en déduire que la CAQ, devant le chaos qu’on a vécu durant le temps des Fêtes, a jugé bon de consulter ses sondages internes et de prendre une des mesures les plus populaires pour changer de sujet ».

M. St-Pierre Plamondon a également dénoncé une fois de plus le manque d’indépendance du directeur national de santé publique. À l’instar des autres partis d’opposition, il réclame que le poste qu’occupe le DLuc Boileau soit entièrement indépendant du gouvernement.

« On se rend compte que l’aspect Santé publique a besoin de rénovations urgentes. L’une de ces rénovations-là, puis on s’engage à la faire, c’est de permettre aux scientifiques de parler librement et d’avoir l’indépendance d’émettre des recommandations qui ne sont pas en fonction des intérêts d’image, des intérêts électoraux du gouvernement en place », a-t-il dit.

Boileau évasif

Interpellé à ce sujet en point de presse jeudi, le DLuc Boileau a de nouveau refusé de se prononcer clairement sur le sujet de la contribution santé, ne demeurant que très évasif à ce chapitre.

Ce sera débattu dans projet législatif. Nous verrons si nous pouvons utiliser les données de santé publique pour justifier, ou ne pas justifier, cette route qui est proposée.

Luc Boileau, directeur national de santé publique par intérim

Selon lui, la mission première de la Santé publique reste de « protéger » la société, et non pas de se prononcer sur des projets politiques. Par le passé, il avait mentionné que son rôle n’était pas de se « prononcer sur tout ce que fait le gouvernement ».

« C’est un bon moment pour aller se faire vacciner, pour profiter de ce vaccin qui est très bon pour réduire nos risques d’hospitalisations, nos risques de mortalité, parce que ça diminue aussi la transmission », a-t-il encore répété, alors qu’il était à nouveau questionné sur le principe général d’une contribution fiscale pour les non-vaccinés.

Les « douze travaux » en santé

Le Parti québécois a également présenté jeudi un plan pour « redresser le réseau de la santé [en] douze travaux ». Le troisième groupe d’opposition propose entre autres d’étendre à l’ensemble du Québec « le modèle de cliniques multidisciplinaires composées d’infirmières et d’autres professionnels », d’augmenter le financement des organismes communautaires ou de revoir le mode de rémunération des médecins de famille, entre autres.

Ce plan, qui n’est pas chiffré, est une première étape, a affirmé Paul St-Pierre Plamondon. « Ce matin, ce n’est pas le plan complet qu’on dévoile. Ce qu’on dévoile, c’est l’existence, de manière récurrente, de solutions qui sont disponibles et que la CAQ refuse d’appliquer », a-t-il dit.