(Trois-Rivières) Décimé par des années de défaites et de reconstruction, le Parti québécois tient samedi son grand congrès à Trois-Rivières en vue des élections générales d’octobre 2022. Est-ce le congrès de la dernière chance ?

Publié le 3 déc. 2021
Patrice Bergeron La Presse Canadienne

« Non, moi je n’aime pas cette expression », a répondu le député péquiste Sylvain Gaudreault, en entrevue avec La Presse Canadienne vendredi soir.

« Au contraire, je pense que c’est le congrès du renouveau ou le congrès de la préparation pour la campagne électorale », a-t-il dit, tout en convenant que le PQ doit freiner sa chute et renverser la tendance.

À titre de porte-parole en matière d’Environnement, il mise beaucoup sur une série d’orientations pour effectuer un véritable virage vert en environnement et en économie.

« On veut arriver avec des propositions qui sont concrètes sur le transport, sur l’aménagement du territoire, sur le verdissement des infrastructures, plutôt que faire une surenchère un peu stérile sur les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) », comme celle qui a lieu actuellement entre les partis au Québec.

Au scrutin de 2022, cinq partis représentés au Parlement courtiseront les électeurs, si on compte aussi le nouveau Parti conservateur et sa députée. Y a-t-il encore de la place pour le PQ ?

« Oui, le seul parti qui est clairement indépendantiste, c’est le Parti québécois, puis ça, je pense que ça a sa place dans le débat actuel. Je pense qu’on est également le seul parti qui a fait clairement des propositions les plus concrètes en matière d’environnement et sur la transition juste. »

Les délégués tenteront de relancer leur formation avec une série de propositions disparates à inclure au programme, que ce soit sur la réduction de la demande en transports, la gratuité des produits d’hygiène féminins, la fin des pratiques ségrégationnistes dans les écoles privées, la mise en place d’un processus de destitution des élus, ou encore faciliter les activités des partis dans les écoles secondaires, les cégeps et les universités.

Depuis 2012, le PQ enregistre une baisse constante dans les votes recueillis et il ne fait guère mieux que 13 % selon le dernier sondage Léger.

Seulement depuis sa défaite historique de 2018, le PQ est passé de l’opposition officielle à la troisième opposition en Chambre et il a perdu trois députés : Catherine Fournier, Harold LeBel et Sylvain Roy. Ils sont désormais sept à défendre l’option souverainiste à l’Assemblée nationale.

La dernière course à la direction en 2020 a couronné Paul St-Pierre Plamondon, mais l’élan de renouveau qu’il était censé donner au parti a été brisé par les restrictions sanitaires de la pandémie, qui a limité grandement la tenue des activités politiques.

Au cours de ce congrès, les délégués modifieront et adopteront un document appelé « projet national », une sorte de vaste déclaration qui fait office de programme et qui compte 385 paragraphes.

Le document est touffu comme à l’habitude au PQ, mais porte d’abord sur l’indépendance du Québec, sa « décanadianisation », une forme de « démondialisation », un nouveau modèle économique pour répondre à la crise climatique, la défense de langue française et de la culture québécoise.