(Québec) Le gouvernement Legault se portera au secours de la Société de transport de Montréal (STM), aux prises avec un déficit, et veut éviter des coupes dans les services aux usagers.

Charles Lecavalier
Charles Lecavalier La Presse

« On ne veut pas qu’il y ait une réduction de service à Montréal ou dans n’importe quelle autre société de transport au Québec. On comprend qu’ils vont avoir un déficit pour les deux prochaines années. On va voir ce qu’on peut faire avec le ministre des Finances et Chantal Rouleau [la ministre responsable de la Métropole] », a indiqué le ministre des Transports François Bonnardel jeudi en point de presse.

« On va travailler avec eux pour ne pas qu’il y ait de réduction de service à Montréal ou ailleurs au Québec », a-t-il dit.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

François Bonnardel

À la mi-octobre, le directeur général de la STM, Luc Tremblay, avait confirmé que sans aide externe, il devrait sortir le couperet en raison de la baisse d’achalandage causée par la pandémie. « Pour régler les enjeux budgétaires qu’on nous demande cette année, de façon générale, on pourrait parler de coupures de service allant jusqu’à 30 % dans le métro en 2022 », a-t-il dit à La Presse.

Pour 2021-2024, le manque à gagner des opérateurs de transport collectif du Grand Montréal avait été estimé entre 700 millions et 1 milliard par le président du conseil d’administration de l’ARTM, Pierre Shedleur.

« On a toujours volé au secours des sociétés de transports. On a donné un montant de 1,4 milliard depuis le début de la pandémie pour toutes les grandes sociétés de transports au Québec. On n’a pas l’intention qu’il y ait de réduction de services, on est capable d’optimiser certains coûts, certaines dépenses, mais je ne veux pas qu’on réduise les services », a ajouté le ministre des Transports.

Tramway de Québec

Dans ce point de presse, M. Bonnardel a également reconnu que le projet de tramway de Québec est aux prises avec un dépassement de coût de 600 millions, comme l’avait rapporté le Journal de Québec. Le ministre a confirmé qu’une nouvelle entente prévoit que le gouvernement du Québec doit absorber le tiers de ces surcoûts.

« Je ne suis pas content d’avoir une augmentation de 600 millions. Je ne suis pas content. Je m’attends à ce qu’on soit capable de réduire l’augmentation de ces coûts le plus possible dans les prochaines semaines. On va s’asseoir avec la prochaine administration, on va comprendre comment ils ont pu arriver aujourd’hui à une explosion des coûts », a dit M. Bonnardel.

Il n’a pas encore voulu confirmer que des sommes additionnelles seraient injectées dans le projet, mais il a soutenu qu’il ne souhaitait pas de coupes dans le projet qu’il juge « extrêmement important ».

Il a fait un lien avec la situation du projet de prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal. Un comité mandaté par le gouvernement Legault avait recommandé une réduction du budget du projet de 1,2 milliard de dollars par diverses mesures, notamment le déplacement et la reconfiguration du terminus Anjou. Selon son rapport, que La Presse a obtenu, la facture estimée du projet passerait de 6,9 à 5,7 milliards de dollars.

« Il y a une augmentation des coûts plus que substantielle aussi du côté de la ligne bleue. Ma collègue a mandaté un groupe de travail pour être capable d’optimiser et de réduire les coûts qui sont plus que substantiels dans la dernière année. […] On y travaille pour le livrer », a-t-il dit.